Hôtel du Palais à Biarritz : Aleksandre Oliver, chef pâtissier licencié, s’exprime sur son avenir.

Hôtel du Palais à Biarritz : Aleksandre Oliver, le chef pâtissier « licencié, mais libéré »

Hôtel du Palais à Biarritz : Aleksandre Oliver, le chef pâtissier « licencié, mais libéré »

La direction de Hyatt a confirmé que « sa collaboration avec le chef Aleksandre Oliver a pris fin le 28 août dernier », ajoutant « afin de respecter l’intimité de chacun » ne pouvoir faire d’autres commentaires. La Socomix, société d’économie mixte propriétaire de l’hôtel cinq étoiles biarrot, a été sollicitée via son président, Serge Blanco, par ailleurs maire de Biarritz, mais n’a pas donné suite.

Aleksandre Oliver a choisi de rendre publics les déboires qu’il vient de vivre, déclarant : « J’aime le Palais. J’ai été fier d’y travailler et j’aurais été heureux d’y rester. »

Persona non grata

Le chef pâtissier est devenu persona non grata depuis environ dix-huit mois. « Il y a d’abord eu un avertissement en juillet 2025, pour des faits que j’ai contestés. Six mois plus tard, en décembre, j’ai reçu une lettre fixant un entretien préalable au licenciement. Il est question de faute grave, mais finalement cela n’ira pas jusqu’au licenciement. Durant l’entretien, il s’est avéré qu’on me reprochait des choses qui n’ont pas pu se passer, par exemple des faits commis à des dates où j’étais absent, ou d’avoir pris des congés en fin d’année alors que j’y étais contraint. » L’affaire se solde par une mise à pied de cinq jours.

À ce stade, le salarié décide de se faire épauler d’une avocate. Maître Mathilde Mounic dépose une requête au tribunal de Prud’hommes de Bayonne, contestant la mise à pied. L’affaire doit être examinée le 4 décembre prochain. « J’avais averti mon client qu’il y avait peu de suspense quant à l’issue que l’on vient de connaître fin août. Il a déjà été très courageux d’entreprendre une requête tout en restant en poste », relève l’avocate. De nouvelles tensions se sont fait jour cet été, suivies fin août, de l’annonce du licenciement.

« Une enquête interne et un licenciement disciplinaire qui s’est ensuivi constituent l’ultime manifestation de cette dégradation de ses conditions de travail. »

Le chef pâtissier a contesté ses conditions de travail : « Depuis mon arrivée, les effectifs ont été réduits. J’ai souvent travaillé à des cadences soutenues, sept jours sur sept en saison. Je n’arrivais pas à poser mes congés. » Aujourd’hui, il tente de relativiser : « Je savais pourquoi je le faisais. La passion du métier et mon équipe étaient la meilleure motivation. »

Alertes répétées

Son avocate traduit le conflit en termes juridiques : « Les reproches étaient parfois aberrants et situés dans un contexte de harcèlement moral dénoncé à plusieurs reprises par mon client. Cette rupture s’inscrit dans le prolongement des alertes répétées qu’il a formulées concernant sa charge de travail et les difficultés rencontrées pour qu’elles soient prises en compte par sa hiérarchie. »

Maître Mounic souligne que ses alertes ont été suivies d’agissements répétés ayant conduit à sa mise à l’écart jusqu’à son départ de l’entreprise. « Une enquête interne et un licenciement disciplinaire qui s’est ensuivi constituent l’ultime manifestation de cette dégradation de ses conditions de travail. »

Le licenciement du 28 août dernier relève toutefois de la « faute simple », moins pénalisante pour le salarié que la « faute grave ». « Quoi qu’il en soit, nous le contestons. La demande va être faite pour joindre ce dernier dossier à l’audience prévue le 4 décembre. »

L’avocate estime que « cette succession d’événements est un véritable acharnement à l’encontre d’Aleksandre Oliver. Cela porte atteinte à son intégrité, à sa dignité et à son identité professionnelle ». Elle insiste sur le fait qu’il a toujours été profondément investi dans l’exercice de ses fonctions et attaché à la qualité de son travail.

(Source : communiqué de presse de Hyatt)

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