Le livre Géopolitique du coton (Le Cavalier Bleu, 2025) de Michaël Levystone explore la complexité de cette fibre, qui soutient près de 300 millions de personnes dans le monde. L’ouvrage met en lumière les dynamiques de la mondialisation, les rapports de puissance entre États, ainsi que les enjeux environnementaux et commerciaux liés à cette ressource.
Une ressource historique à la fois agricole et industrielle
Levystone souligne l’importance historique du coton, dont les premières traces remontent à la vallée de l’Indus au Ve millénaire avant notre ère. Aujourd’hui, la production mondiale est dominée par le « cotonnier créole » et le « cotonnier mexicain », représentant plus de 90 % du coton cultivé.
Le coton est unique car il relie le secteur agricole et industriel, agissant comme un pont entre production primaire et transformation. L’ouvrage évoque également comment la Révolution industrielle, entre 1760 et 1840, a redessiné les rapports sociaux et économiques, faisant de la Grande-Bretagne le premier empire cotonnier de l’histoire.
Flux et de reflux commerciaux : mondialisation, souveraineté et innovations
Levystone démontre que la géopolitique du coton est pertinente aujourd’hui, éclairant les débats sur la souveraineté économique et les chaînes d’approvisionnement. La Chine et l’Inde dominent le secteur, représentant près de la moitié de la production mondiale. Le coton est cultivé dans un pays, transformé dans un autre et vendu sur un troisième continent, illustrant les mécanismes de la mondialisation.
Les enjeux environnementaux sont également centraux dans l’analyse. Le coton nécessite environ 10 000 litres d’eau pour produire 1 kg, et un simple tee-shirt en nécessite environ 2 500 litres. Cette ressource pose des défis géopolitiques, notamment en raison des choix agricoles historiques, comme la monoculture en Asie centrale.
Le livre invite à réfléchir à la durabilité du coton, soulignant que l’innovation est essentielle pour réduire les risques environnementaux. Le coton demeure la culture végétale la plus utilisée par l’industrie textile mondiale, incitant à repenser ses modes de production.
En conclusion, Levystone démontre que le coton est bien plus qu’une simple plante ; il représente un outil géopolitique majeur. L’ouvrage met en lumière les interactions entre mondialisation, souveraineté économique et transition écologique, bien qu’il manque d’appareils cartographiques pour illustrer ces dynamiques.
Michaël Levystone, Géopolitique du coton. Conquêtes d’une fibre à usages multiples, Paris, Le Cavalier Bleu, 2026

