Un véritable scandale : le plan d’aide d’urgence du gouvernement ne satisfait pas les agriculteurs
La FNSEA, la Confédération paysanne et la Coordination rurale ont réagi, vendredi 4 septembre, après l’annonce par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, d’un plan de plus d’un milliard d’euros pour soutenir les agriculteurs touchés par la sécheresse.
Ce plan, bien que significatif, est jugé insuffisant par les principaux syndicats agricoles. Hervé Lapie, vice-président de la FNSEA, a exprimé sur franceinfo : « Il nous faut ce plan, mais abondé d’au moins un milliard [d’euros] supplémentaires ». Il souligne que les pertes pour le secteur agricole sont estimées à environ dix milliards d’euros, ce qui rend l’enveloppe annoncée largement insuffisante.
Annie Genevard a précisé que le pays doit « indemniser les pertes, pour éviter les faillites et relancer la production agricole ». Dans ce cadre, un « fonds de réarmement » de 235 millions d’euros sera créé, géré par les préfets pour répondre aux spécificités de chaque territoire.
La FNSEA a également demandé des mes pour aider à réaménager les annuités des exploitations agricoles, ainsi que la réouverture immédiate des négociations commerciales, actuellement programmées pour début décembre. Hervé Lapie a insisté sur le fait qu’il est urgent de rééquilibrer les marges, car de nombreux agriculteurs ont subi des pertes considérables.
De son côté, la Confédération paysanne a dénoncé ce plan comme un « véritable scandale », affirmant qu’il ne propose que des « miettes ». Thomas Gibert, porte-parole du syndicat, a également exprimé que ce soutien ne suffira pas à éviter une purge des exploitations les plus fragiles.
François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale, a souligné que le milliard d’euros annoncé est « beaucoup » dans le contexte budgétaire actuel, mais que les pertes cumulées à cause de la sécheresse et de la canicule dépassent les estimations gouvernementales.
Les financements annoncés par la ministre passeront notamment par l’indemnisation de solidarité nationale (ISN), qui compense les pertes de récolte dues à des aléas climatiques. Le gouvernement estime le montant nécessaire à 520 millions d’euros et promet d’accélérer les « avances et paiements ».
Cette situation met en lumière les défis auxquels fait face le secteur agricole français, déjà fragilisé par des conditions climatiques extrêmes.
Source : Franceinfo

