Un chef de chantier licencié après un épuisement professionnel obtient 48 800 € de dommages-intérêts
En septembre 2025, la cour d’appel a condamné une entreprise à verser plus de 48 800 euros à un chef de chantier, en raison d’un licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse. Ce dernier, employé depuis plus de dix ans, avait subi un épuisement professionnel sévère, qui l’a conduit à une incapacité de travail prolongée.
L’incident initial remonte à juin 2016, lorsque le salarié s’est effondré sur son lieu de travail. Après un arrêt pour syndrome anxiodépressif, il a repris son poste sous des conditions strictes, recommandées par le médecin du travail. Ces dernières incluaient l’évitement de chantiers trop éloignés et de situations de stress intense. Cependant, dès 2017, les directives médicales ont été ignorées, le salarié recevant des ordres de mission avec des délais de prévenance très courts, parfois pour des déplacements dépassant 500 kilomètres.
En juin 2018, il a de nouveau fait face à un effondrement, cette fois diagnostiqué comme un épuisement professionnel, accompagné de crises d’angoisse et d’une consommation d’alcool croissante. Le médecin a également noté une clinophilie, une incapacité à se lever, signe d’un effondrement psychique significatif. Après un an d’absence, il a été déclaré inapte à tout poste en novembre 2019.
Malgré un licenciement pour inaptitude en février 2020, le salarié a contesté cette décision devant le conseil de prud’hommes, demandant plus de 47 000 euros de dommages-intérêts. Sa requête a été rejetée en première instance, mais il a fait appel en juin 2022. La cour d’appel a alors examiné minutieusement les éléments de son dossier, y compris les certificats médicaux et les témoignages sur la désorganisation des chantiers.
L’employeur a tenté de défendre son licenciement en affirmant que l’inaptitude du salarié n’était pas d’origine professionnelle, mais cet argument a été jugé insuffisant par la cour. En septembre 2025, celle-ci a conclu que l’inaptitude était bien liée à un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité, entraînant la condamnation de l’entreprise à verser 30 000 euros de dommages-intérêts pour licenciement abusif, ainsi que d’autres compensations.
Cette affaire souligne les enjeux de la santé mentale au travail et la responsabilité des employeurs face à l’épuisement professionnel.
Source : Le Figaro

