Flambée des cas de virus West Nile en Provence : risques d’expansion en Europe.

Quatre fois plus de cas : pourquoi le virus West Nile flambe en Provence et pourrait toucher encore plus loin

Quatre fois plus de cas : pourquoi le virus West Nile flambe en Provence et pourrait toucher encore plus loin

Depuis le début du mois de mai 2026, 18 cas autochtones de virus West Nile ont été signalés par Santé Publique France en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Ce chiffre, qui pourrait encore augmenter d’ici la fin de l’année, témoigne d’une recrudescence alarmante de cette maladie transmise par les moustiques.

Le virus West Nile, potentiellement mortel, s’implante chaque année un peu plus dans la région. Sur les 18 personnes contaminées, neuf se trouvent dans les Bouches-du-Rhône, six dans le Vaucluse et trois dans le Var. Selon Santé Publique France, la transmission de ce virus est saisonnière, avec une activité particulièrement marquée jusqu’en novembre.

En 2025, 30 cas avaient été détectés, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux sept cas recensés en 2023. Cette croissance rapide s’explique en partie par des facteurs climatiques. Clémentine Calba, épidémiologiste à Santé Publique France, souligne que « la circulation du virus est très dépendante des conditions météo ». Cet été, des températures élevées et des périodes de sécheresse ont conduit à une réduction des points d’eau, favorisant ainsi des regroupements d’oiseaux autour des rares ressources disponibles, entraînant des interactions accrues entre les oiseaux et les moustiques.

Le virus est principalement porté par les oiseaux et transmis à l’Homme ou aux chevaux via les moustiques du genre Culex, qui sont courants en France. La région PACA est particulièrement touchée autour d’Avignon et dans le Nord-Ouest des Bouches-du-Rhône. Bien que la circulation ait été plus diffuse dans le Var, les moustiques peuvent parcourir de grandes distances, rendant le risque de contamination possible même loin des points d’eau.

L’être humain, ainsi que le cheval, est considéré comme un « hôte accidentel », incapable de transmettre le virus par piqûre. Dans 80 % des cas, l’infection est asymptomatique, mais elle peut parfois entraîner des formes graves, notamment neurologiques. Sur les 18 cas confirmés cette année, six personnes ont développé des complications neurologiques, affectant principalement des hommes âgés de plus de 60 ans ou des personnes immunodéprimées.

L’épidémiologiste Clémentine Calba met en garde contre une expansion potentielle du virus à l’échelle nationale, exacerbée par le réchauffement climatique. Des régions comme la Nouvelle-Aquitaine et l’Ile-de-France, historiquement épargnées, pourraient bientôt être touchées.

Source : Santé Publique France

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