Des biens restent en ligne plusieurs semaines sans trouver preneur
À Paris, plus de 75 % des logements de 2 ou 3 pièces proposés à la location sont déjà meublés par les propriétaires, selon une étude réalisée par Imodirect au printemps. Ces logements peinent à répondre aux besoins des ménages, qui recherchent des appartements familiaux où s’installer durablement.
Les appartements non meublés se font rares sur le marché locatif parisien, en particulier pour des surfaces d’au moins trois pièces. Une observation des annonces sur les plateformes immobilières révèle que, dans le 13e arrondissement, sur les 20 dernières annonces de « T3 », 13 sont meublés. Dans le 16e arrondissement, ce chiffre atteint 14, tandis que dans le 10e, 17 sur 20 sont également meublés.
Cette présentation des meublés s’est renforcée ces dernières années. « Il y a vingt ans, les meublés représentaient une location sur quatre. Aujourd’hui, ce sont les trois quarts », constate Anthony Luxton, président d’un groupement d’agences Orpi à Paris, selon l’étude d’Imodirect qui indique que les logements meublés constituaient alors 76 % des annonces d’appartements de 2 ou 3 pièces.
« Des biens restent en ligne plusieurs semaines »
Une distorsion s’est créée entre les locataires désireux de meubler eux-mêmes leur appartement et les propriétaires préférant louer des logements déjà meublés. « À partir d’un budget de 1.500 à 1.800 euros mensuels, les candidats à la location longue durée ne recherchent plus nécessairement du ‘clé en main' », note Imodirect.
Arnaud Hacquart, président d’Imodirect, précise que « quand un ménage s’engage pour plusieurs années, il souhaite souvent vivre avec ses propres meubles. Le meublé haut de gamme standardisé ne correspond pas toujours à cette projection résidentielle. »
Malgré un marché parisien tendu, des biens meublés conformes au plafonnement légal restent en ligne plusieurs semaines sans trouver preneur, une situation qui n’était pas observée il y a deux ans. Selon SeLoger, le nombre d’annonces de biens mis en location a chuté de 30 % dans la capitale entre 2019 et 2026.
Un transfert des Airbnb vers la location de longue durée
Plusieurs facteurs expliquent cette prévalence des locations meublées. Le durcissement de la réglementation sur la location saisonnière a conduit à un retour sur le marché de la location longue durée d’une partie significative des logements. Ces biens présentent des caractéristiques communes, telles qu’une surface optimisée et un ameublement standardisé, ce qui en fait une offre abondante et concurrentielle.
La fiscalité est également un facteur incitatif. Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) permet un abattement forfaitaire de 50 %, pouvant aller jusqu’à 83.600 euros par an dans le régime Micro-BIC.
La question de la pérennité de ce statut est régulièrement débattue dans les discussions budgétaires de l’État, notamment en raison de la recherche de recettes supplémentaires. La loi de finances 2026 a durci la fiscalité à la revente d’un bien meublé, mais le sujet pourrait revenir lors de l’élaboration du projet de loi de finances pour 2027.
Source : Imodirect, SeLoger

