Promotion Albert Camus à Sciences Po Menton : appel à l’ouverture et lutte contre la haine.

La promotion Albert Camus a fait sa rentrée à Sciences Po Menton, entre appel à l’ouverture et engagement à lutter contre toute forme de haine

« La paix est le seul combat qui mérite d’être mené. » Cette citation bien connue d’Albert Camus a marqué la rentrée solennelle de Sciences Po Menton, qui s’est tenue le 4 septembre 2026. La 22e promotion, portant le nom de l’écrivain humaniste, hérite de ses valeurs et engagements.

Cette année, 194 étudiants ont été accueillis en première année, un chiffre record pour le campus de la Paix, avec 122 anglophones et 72 francophones, qui évolueront aux côtés de 166 étudiants de deuxième année et 35 élèves en échange universitaire.

Lors de la cérémonie, orchestrée par l’étudiante Mayssa Manaa, les intervenants ont tous souligné l’importance de vivre ensemble, tout en évitant de mentionner les tensions survenues après le 7 octobre 2023.

« Créer un espace sécurisé »

Les autorités souhaitent que le campus cultive concrètement le « vivre ensemble ».
Les autorités souhaitent que le campus cultive concrètement le « vivre ensemble ».
Cyril Dodergny / Nice-matin

« Le campus de Menton occupe une place spéciale. D’abord parce qu’il a la plus belle vue. Mais aussi parce que ses étudiants ont quelque chose d’exceptionnel : la diversité », a déclaré la doyenne du collège universitaire, Jeanne Lazarus. Elle a souligné que chaque étudiant arrive avec ses propres expériences et perspectives.

Elle a également noté que le campus réussit à rassembler des personnes de pays souvent en conflit. « Nous réalisons ici ce que beaucoup jugent impossible : faire apprendre et travailler ensemble des personnes issues de contextes divers », a-t-elle affirmé.

La paix, a-t-elle précisé, nécessite de surmonter ses émotions et de ne pas céder aux antagonismes, souvent plus faciles à gérer à court terme. « Nous voulons créer un espace sécurisé, tout en restant conscients des enjeux géopolitiques », a-t-elle ajouté.

« L’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est un délit »

73 nationalités sont représentées cette année, contre 65 l’an dernier.
73 nationalités sont représentées cette année, contre 65 l’an dernier.
Cyril Dodergny / Nice-matin

La maire de Menton, Alexandra Masson, a souligné que le titre de « campus de la paix » implique des responsabilités. « La paix, ce n’est pas l’absence de guerre, mais la capacité à vivre avec ceux qui pensent différemment », a-t-elle indiqué. Elle a insisté sur le fait que le désaccord ne doit pas être perçu comme un échec, mais que la haine est dangereuse.

« Je veux être claire : la liberté d’expression doit être totale, mais l’antisémitisme et le racisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits. Aucun étudiant ne doit craindre de révéler son identité », a-t-elle affirmé, annonçant un travail collaboratif sur une charte contre l’antisémitisme et toute forme de haine.

Le ministre de l’Intérieur de la Principauté de Monaco, Lionel Beffre, a également pris la parole, rappelant que le campus doit favoriser le pluralisme et l’ouverture au monde.

« Refuser que la haine nous dispense de penser »

Lors de la cérémonie, un intermède musical a été proposé par des membres du Bureau des arts.
Lors de la cérémonie, un intermède musical a été proposé par des membres du Bureau des arts.
Cyril Dodergny / Nice-matin

« Vous avez choisi d’étudier la Méditerranée et le Moyen-Orient, au moment où cette région concentre des enjeux majeurs : guerre, migrations, climat », a souligné François de Canson, vice-président de la Région. Il a posé la question cruciale : comment vivre ensemble malgré les différences ?

Le campus de Menton représente une réponse à cette question. « Vous êtes ici ensemble, vous allez étudier, débattre. C’est difficile, mais c’est le rôle d’une université », a-t-il conclu, en rappelant que certains principes, tels que la dignité humaine et la liberté, sont non négociables.

« Votre responsabilité intellectuelle sera de refuser que la haine nous dispense de penser », a affirmé le directeur du campus, Youssef Halaoua, insistant sur l’importance du discernement.

Une « rose de la paix » pour le campus

Une « rose de la paix » a été remise au directeur du campus, Youssef Halaoua, par le chef Mauro Colagreco.
Une « rose de la paix » a été remise au directeur du campus, Youssef Halaoua, par le chef Mauro Colagreco.
Cyril Dodergny / Nice-matin

Le chef du Mirazur, Mauro Colagreco, a offert une « rose de la paix », réalisée par l’artiste argentin Juan Carlos Pallarols. Cette œuvre, faite de cartouches de balles provenant de différents conflits, symbolise l’idée que « la paix se cultive » et représente ce que l’on peut construire ensemble.

La cérémonie a ainsi réaffirmé l’engagement de Sciences Po Menton envers la paix et la diversité, tout en soulignant la nécessité d’un dialogue constructif et respectueux.

Source : Nice-Matin

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