Centrafrique : Les mineurs reprennent le travail à Zamboï après l’accident

Centrafrique: à Zamboï, les travailleurs sont de retour à la mine malgré l'accident [2/3] - Reportage Afrique

Zamboï : les travailleurs de retour à la mine malgré l’accident tragique

En Centrafrique, plus de deux semaines après l’éboulement meurtrier survenu sur le site minier de Zamboï, à la frontière avec le Cameroun, les autorités locales ont ouvert une enquête. L’accès au site reste interdit. Selon les informations recueillies sur place, le chantier, propriété de la société Douakouzou, avait pourtant été fermé deux semaines avant le drame. Malgré cette interdiction, des groupes de jeunes auraient incité d’autres habitants à reprendre l’exploitation du site. Avant l’accident, Zamboï attirait des milliers de travailleurs venus de plusieurs régions de Centrafrique et de différents pays africains, devenant ainsi un carrefour humain et économique majeur.

Vêtus de gilets orange et de casques, quelques habitants et des membres de la société Douakouzou reviennent sur le chantier. Les traces de l’éboulement sont encore visibles : le sol est éventré, de gigantesques trous béants s’ouvrent dans le sol et des blocs de terre continuent de s’effondrer sous l’effet des pluies. Aliou Garga, propriétaire de la société, montre les zones considérées comme dangereuses et explique les circonstances du drame. Il souligne que les militaires qui surveillaient le site avaient interdit l’accès, mais que de nombreux artisans ont accédé au chantier de manière illégale.

Le ministre des Mines, Rufin Benam Beltoungou, précise qu’une première alerte avait été donnée lorsque des stériles commençaient à s’affaisser. Malgré cela, certains travailleurs ont continué à travailler, ce qui a conduit à l’éboulement.

Quarante-neuf personnes ont trouvé la mort selon le bilan officiel du gouvernement, bien que les familles des victimes avancent un bilan plus lourd, estimant à une centaine le nombre de morts et plusieurs dizaines de blessés. Anicet Bawaka, artisan minier, témoigne de la panique qui a suivi l’éboulement, indiquant que de nombreux corps ont été enterrés sur place.

À Zamboï, l’atmosphère de deuil persiste. Pour prévenir de nouveaux accidents, le gouvernement a annoncé des mes, notamment une communication renforcée et une répression accrue. Certains individus, soupçonnés d’avoir incité d’autres à descendre malgré les interdictions, ont été identifiés mais restent en fuite. Les enquêtes sont en cours et le chantier demeure fermé jusqu’à nouvel ordre.

Source : RFI

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