Recherche française : des initiatives pour enrayer le décrochage scientifique chez les étudiants.

Recherche française : enrayer le décrochage scientifique

Recherche française : Enrayer le décrochage scientifique

Les 25 et 26 août, l’Université de Reims Champagne-Ardenne a accueilli le colloque annuel des vice-présidentes et vice-présidents Recherche, Valorisation et Innovation, centré sur les liens entre recherche, territoires et société. Les discussions ont porté sur des thèmes cruciaux tels que le financement, la souveraineté, l’Europe et l’intelligence artificielle, tous liés à la question de la capacité de la France à maintenir son rang scientifique.

Christophe Clément, président de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, a souligné que « la recherche n’est ni une dépense accessoire, ni un luxe. Elle est un investissement d’avenir. » Ce propos est d’autant plus pertinent à la lumière des chiffres récents : la part d’audience des publications scientifiques françaises dans le monde a chuté de 4,8 % en 2005 à 2,5 % en 2024. Parmi les grandes nations scientifiques, seule la baisse du Japon est plus marquée. Ce décrochage ne se limite pas à un simple classement, mais affecte la capacité de la France à produire des connaissances, attirer des scientifiques, innover et préserver sa souveraineté.

Lamri Adoui, président de France Universités, a insisté sur la nécessité de transformer le « succès d’estime » de la recherche et de l’innovation en choix politiques concrets. Actuellement, la France consacre 2,2 % de son PIB à la recherche et à l’innovation, contre un objectif de 3 % fixé par la loi de programmation de la recherche de 2021. Cela représente un écart d’environ 25 milliards d’euros d’investissement par an, répartis entre un tiers public et deux tiers privé.

À l’approche des élections présidentielles de 2027, France Universités souhaite mettre en avant cette transition des intentions vers des décisions concrètes. La loi de programmation de la recherche n’ayant pas été pleinement appliquée, une nouvelle étape de programmation est jugée nécessaire.

Les enjeux dépassent la seule question budgétaire. Dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la santé, le changement climatique et la défense, la capacité à produire et maîtriser les connaissances est devenue un enjeu de souveraineté. En outre, l’Europe doit évoluer et être perçue non pas simplement comme un guichet de financement, mais comme un acteur clé des stratégies scientifiques des universités.

La recherche s’inscrit également dans un contexte local. Les universités, en tant que carrefour d’acteurs variés tels que les laboratoires, les collectivités et les entreprises, jouent un rôle central dans le développement économique et social des territoires. Les pôles universitaires d’innovation ont renforcé ces collaborations au cours des deux dernières années, et leur pérennisation est cruciale pour transformer les résultats de la recherche en innovations.

Enfin, la responsabilité de la science dans le débat public est un enjeu démocratique. Expliquer les connaissances scientifiques, leur méthodologie, ainsi que leurs limites et incertitudes, fait partie intégrante de la mission universitaire. Investir dans la recherche est donc un choix stratégique à long terme, essentiel pour la compétitivité, la souveraineté et la démocratie de la France.

Source : France Universités

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