La France modifie sa carte du monde pour promouvoir l’équité géographique.

La France revoit sa représentation cartographique du monde pour plus d’équité – L'Express

La France revoit sa représentation cartographique du monde pour plus d’équité

Rebattre les cartes pour une représentation plus fidèle du monde. C’est le sens de la résolution portée par le Togo devant les Nations unies le 4 septembre, soutenue depuis longtemps par l’Union africaine. La France a annoncé qu’elle appuie cette réforme de la cartographie mondiale en abandonnant la projection de Mercator, afin de mieux refléter les réalités géographiques et géopolitiques des continents. L’adoption de ce projet par l’ONU pourrait entraîner une révision des normes utilisées par les agences onusiennes, ainsi que dans les manuels scolaires et les rapports internationaux.

Distorsion de la réalité

Depuis le XVIe siècle, la projection de Mercator, conçue par le cartographe flamand Gerardus Mercator, s’est imposée dans les représentations du monde. Cependant, cette carte, initialement destinée à la navigation, déforme considérablement les superficies à me que l’on s’éloigne de l’équateur. Par exemple, le Groenland y apparaît presque aussi vaste que l’Afrique, alors qu’il est en réalité environ quatorze fois plus petit.

Pour remédier à cette distorsion, Paris adoptera la projection Eckert IV, développée par le cartographe allemand Max Eckert. Cette nouvelle projection réduit les écarts de taille et restitue plus fidèlement les étendues réelles de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie du Sud. En revanche, les régions situées aux hautes latitudes, comme l’Europe, les États-Unis et la Russie, seront représentées à une échelle moindre par rapport aux cartes actuelles. Cette projection se rapproche de la projection Equal Earth, proposée dans le texte présenté aux Nations unies par le Togo, bien qu’elle ne soit pas identique.

Instrument politique

Cette évolution cartographique soulève également des questions de représentation. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné que la carte n’est « pas seulement un outil graphique », mais qu’elle influence la perception des rapports de taille, de puissance et de centralité entre les différentes régions du monde. Il a déclaré : « Ces déformations finissent par s’installer dans les perceptions. Le moment est venu pour nous de le corriger. »

Pour l’Union africaine, la modification de la carte est perçue comme une manière de rectifier une représentation longtemps jugée défavorable à l’Afrique. Ce débat cartographique prend une dimension politique et mémorielle, dans un contexte où les pays africains réclament des réparations historiques pour l’esclavage et la colonisation, ainsi qu’une meilleure reconnaissance de leur place dans l’ordre international.

Source : L’Express

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