Mucha à Lyon : une exposition immersive dévoile l’œuvre envoûtante du maître de l’Art nouveau
Au cœur de Lyon, affiches publicitaires et images d’icônes sont rassemblées au Grand Hôtel-Dieu pour une rétrospective immersive consacrée à l’œuvre d’Alphonse Mucha. L’exposition, intitulée « Alphonse Mucha », plonge les visiteurs dans l’âge d’or de l’Art nouveau. Elle réunit plus de 90 créations originales, issues notamment de la collection d’Ivan Lendl, le deuxième fonds mondial après celui du musée Mucha de Prague. Le parcours, visible jusqu’au 24 janvier 2027, explore la construction de l’image à la Belle Époque et les prémices de la publicité moderne, tout en interrogeant la représentation de la figure féminine.
Mucha, après avoir été refusé à l’Académie des beaux-arts de Prague, se tourne vers le théâtre, travaillant comme acteur, metteur en scène et scénographe. Il poursuit sa formation artistique à l’Académie des beaux-arts de Munich en 1885, puis s’installe à Paris. L’artiste y côtoie des figures majeures comme Paul Gauguin. En 1887, il découvre l’effervescence parisienne et se plonge dans la production de revues illustrées, photographies et publicités.
En 1894, il obtient une mention honorable au Salon des artistes français, une année marquante où il réalise l’affiche de Gismonda pour l’actrice Sarah Bernhardt, consolidant son statut de graphiste. L’exposition lyonnaise met en lumière le génie novateur de Mucha, considéré comme un pionnier du marketing avant l’heure.
Le parcours met également en avant les multiples facettes de la figure féminine chez Mucha, avec des représentations de reines, saintes et héroïnes tragiques, reflétant les contradictions d’une société en transformation. L’affiche devient un médium permettant à la figure féminine de se transformer en image publique, accédant au rang d’icône dans l’espace urbain.
Mucha, observant la faune et la flore, développe un langage visuel immédiat, cherchant des proportions harmonieuses dans les structures organiques. Ses lithographies, aux teintes délicates, témoignent de l’influence des peintres préraphaélites.
L’exposition met aussi en lumière l’allégorie de la patrie slave à travers la figure de Slavia, qui devient le visage de son peuple. En 1899, le gouvernement austro-hongrois lui confie la décoration du pavillon de la Bosnie-Herzégovine pour l’Exposition universelle de 1900 à Paris, ce qui marque une étape importante dans sa carrière.
« Alphonse Mucha »
Grand Hôtel-Dieu, 13 rue de la Barre, 69002 Lyon
Jusqu’au 24 janvier 2027
Source : Connaissance des Arts
