Créer un site web pour les humains et un autre pour les agents IA, une fausse bonne idée. pour le moment
Le journal The Economist a récemment lancé un site dédié aux agents d’intelligence artificielle (IA), en parallèle de son site classique. Cependant, de nombreux experts recommandent d’optimiser un site unique plutôt que de créer une version distincte pour les machines.
Le trafic généré par les agents IA est en pleine expansion. Selon une étude d’Imperva, les bots et agents ont constitué 51 % de l’ensemble du trafic web en 2024, avec des prévisions suggérant que ce chiffre dépassera les 53 % en 2025. Cela indique une domination croissante des machines sur le réseau.
Face à cette tendance, les géants du web s’adaptent. Google a introduit un outil, Lighthouse, permettant aux éditeurs de mer la facilité de navigation des agents IA, incluant une catégorie expérimentale de « Navigation agentique ». De plus, le projet de norme WebMCP (Web Model Context Protocol) est en cours d’élaboration pour permettre aux sites de fournir des instructions directement exploitables par les agents.
Cloudflare a également développé un score de « Agent Readiness », qui évalue si les sites respectent les nouveaux standards, tels que le HTML sémantique. Mathieu Chapon, fondateur de Peak Ace, souligne que ces évolutions montrent que le sujet progresse.
Le site de The Economist pour les agents IA est structuré sous forme de questions-réponses, facilitant l’extraction et la citation des informations par les moteurs de réponse IA. Actuellement, les tests se concentrent sur le contenu accessible hors du paywall, notamment le matériel marketing et les pages de vente B2B.
Optimiser l’existant
La question se pose : faut-il développer un site parallèle pour les agents IA ? L’idée serait de fournir un markdown pur, le langage naturel des modèles de langage, ou d’optimiser l’interface visuelle au profit d’une structure sémantique riche. L’objectif est de permettre aux agents IA de traiter l’information plus rapidement et avec plus de précision. Une étude de 2025 sur arXiv/ResearchGate montre que l’utilisation du standard WebMCP peut entraîner une réduction de 67,6 % de la consommation de tokens.
Contrairement aux utilisateurs humains, les agents IA perçoivent un site web à travers trois couches : l’arbre d’accessibilité, le DOM HTML et les captures d’écran. Cependant, les agences interrogées privilégient l’optimisation des sites existants pour faciliter l’accès aux agents IA.
Mathieu Chapon indique que les études actuelles ne démontrent pas qu’un site séparé pour les IA apporte un avantage systématique. Les réponses de Google suggèrent qu’un site bien structuré et sémantique est plus facile à comprendre pour les agents, plaidant ainsi pour une optimisation de l’existant plutôt qu’une duplication.
Roman Fougerolle, responsable développement IA chez Noiise, partage cette perspective. Il met en avant plusieurs risques liés à la création de sites séparés, tels que le cloaking, la perte de cohérence et la complexité de maintenance. Ainsi, il recommande de concevoir un site unique, optimisé pour les humains mais structuré pour être lisible par les IA.
Un site markdown gagne légèrement en trafic IA
Une étude de Profound révèle que les sites en markdown ont enregistré des résultats légèrement supérieurs par rapport aux sites en HTML destinés aux visiteurs humains. Ces pages en markdown ont, en moyenne, reçu une visite supplémentaire de robot sur trois semaines, selon un test A/B de 381 pages.
Mathieu Chapon précise que cette enquête souligne des gains de visibilité et d’attribution, sans prouver que la création d’une interface séparée soit nécessaire ou rentable. Les signaux actuels indiquent une amélioration de l’accès des agents au contenu, mais ne démontrent pas encore un retour sur investissement clair.
Affiner ses indicateurs pour y voir plus clair
Pour mieux évaluer l’impact des sites sur les agents IA, Mathieu Chapon évoque des indicateurs concrets tels que la part du trafic provenant des plateformes IA, le taux de conversion des visites issues des IA, et le temps nécessaire pour mettre à jour une page. Ces critères permettront de mer l’impact réel des optimisations.
En conclusion, bien que la question de la création de sites dédiés aux IA soit sérieuse, il n’existe pas encore de preuves solides justifiant cette démarche dans la majorité des cas. Le temps et les ressources nécessaires pour développer une interface dédiée semblent souvent disproportionnés par rapport aux gains mesurables.
Source : JDN – Gemini

