Il faut un pacte international contraignant pour respecter les limites planétaires
Depuis mi-juin, la France a enregistré un total de cinquante-deux jours de vagues de chaleur, établissant un nouveau record depuis le début des relevés en 1947. Ce chiffre dépasse largement les trente-trois jours de canicule observés en 2022 et les vingt-deux jours de l’été 2003. En quinze ans, le pays a connu plus de jours de canicule (cent treize) que durant les quarante-cinq années précédentes (quatre-vingt-dix).
Le bilan humain est préoccupant : 7 300 décès en excès ont été constatés depuis le début de l’été, et 99 départements sur 101 étaient soumis à des restrictions d’eau à la mi-juillet. Un incendie majeur en Gironde et dans les Landes a ravagé 47 000 hectares, tandis que d’autres régions comme Fontainebleau et le Cher ont également été touchées.
Ce phénomène n’est pas isolé à la France. L’Espagne a plus que doublé sa moyenne historique de surface brûlée, le Canada a dépassé 4 millions d’hectares partis en fumée, et les États-Unis approchent également le million d’hectares.
Face à cette crise, la réponse privilégiée est l’adaptation, qui ne s’attaque cependant pas aux causes fondamentales. Les limites planétaires, définies par le Stockholm Resilience Centre et reconnues par l’Union européenne et l’ONU, montrent que depuis la révolution industrielle, notre modèle de développement a dépassé la capacité de la planète à absorber nos pollutions. Sur les neuf limites planétaires, six sont actuellement dépassées.
Un exemple de succès en matière de régulation internationale est le protocole de Montréal de 1987, qui a permis de sauver la couche d’ozone grâce à des mes contraignantes. Cela prouve qu’une action mondiale contraignante peut aboutir à des résultats positifs.
Il est nécessaire de repenser notre approche et de mettre en place un pacte planétaire. Les Nations unies pourraient négocier pour établir un budget mondial annuel non négociable pour chaque limite planétaire, réparti entre les États selon leur contribution actuelle aux dépassements. Chaque pays serait alors tenu de respecter sa part, sous peine de sanctions diplomatiques et commerciales.
Ce pacte devrait être une priorité, et ne peut pas attendre la prochaine COP. Le temps pour agir se me désormais en années, et non en décennies. Un appel est lancé aux candidats à la présidentielle pour qu’ils prennent la me de cette crise écologique et portent ce nouveau pacte planétaire dès leur prise de parole à l’Assemblée générale des Nations unies.
Source : La Croix

