Œufs, insultes, pétards contre les écolos : le procès du président de la Coordination rurale à Auch
Auch (Gers), reportage
Le procès de Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale (CR), s’est ouvert le 3 septembre au tribunal correctionnel d’Auch, dans le Gers, sous un déluge d’insultes et d’œufs. Venteau est jugé pour provocation publique à commettre un crime, suite à des déclarations faites lors de son élection, où il a affirmé : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. »
Les sympathisants de la CR ont réagi vivement à ces propos, se rassemblant dès 10 heures devant le tribunal pour attendre les membres de France Nature Environnement (FNE), à l’origine de la plainte. Plusieurs centaines d’agriculteurs, souvent associés à des mouvements d’extrême droite, étaient présents, créant une atmosphère tendue.
Des groupes comme France Nature Environnement, Générations futures, et la Confédération paysanne étaient également sur place, témoignant d’un conflit croissant entre agriculteurs et militants écologistes. Sylvie Colas, porte-parole de la Confédération paysanne, a déclaré que la CR « instrumentalise un duel entre écolos et paysans », alors qu’il existe des préoccupations communes sur des enjeux environnementaux.
Le procès a été marqué par des incidents lors de l’arrivée des plaignants, qui ont été accueillis par des œufs pourris et des insultes. Le président de la cour, Philippe Rigault, a condamné cette ambiance, rappelant que « personne ne doit se présenter dans un tribunal sous les huées ».
Les débats ont principalement porté sur le cadre dans lequel les propos de Venteau ont été tenus. Si son avocate a soutenu qu’ils étaient privés, les parties civiles ont affirmé qu’ils étaient publics, citant la présence de journalistes. Le procureur a qualifié les déclarations de Venteau de « discours de haine », soulignant que celles-ci avaient été prononcées dans un cadre public.
Le parquet a requis une amende de 30 000 euros avec sursis contre Venteau, le délibéré étant prévu pour le 15 octobre. Les parties civiles ont demandé la publication du jugement pour montrer que certaines limites ne doivent pas être dépassées.
À la sortie de l’audience, la tension est restée palpable. Des agriculteurs de la CR ont continué à harceler les membres de FNE et de Générations futures, illustrant l’escalade de l’intimidation à l’encontre des militants écologistes.
Source : Reporterre

