LGV Bordeaux-Toulouse : Abattage des arbres autorisé un mois plus tôt, des opposants dénoncent un contournement de la justice
À Saint-Jory (Haute-Garonne), les premières coupes d’arbres liées au chantier de la LGV Bordeaux-Toulouse ont débuté dès le 2 septembre 2026, un mois plus tôt que prévu, après un arrêté interpréfectoral signé le 1er septembre. Les opposants dénoncent un contournement de la justice.
Un arrêté interpréfectoral, signé par les préfets de Gironde, de Haute-Garonne, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne, a pris de court les opposants à la LGV en autorisant les travaux de coupe et d’abattage d’arbres dès le 1er septembre, au lieu du 1er octobre initialement prévu. Les travaux n’ont pas tardé : dès le 2 septembre 2026, des arbres du « triangle boisé » de Saint-Jory ont été abattus.
La rapidité d’exécution a surpris les opposants. Sur place, ils ont remarqué une présence accrue de vigiles et de policiers, avec des contrôles d’identité et de fouilles de véhicules. Camille, citoyenne engagée, a exprimé sa colère : « On est tristes et surtout en colère de ce procédé qui coupe l’herbe sous le pied des recours juridiques en cours. »
Des associations d’opposants avaient saisi le tribunal administratif de Bordeaux en déposant un référé le 22 août 2026 pour demander la suspension des coupes. Cependant, pour le coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, Jean Olivier, « le mal est fait », puisque les arbres ont été abattus. Il affirme : « Il y a contournement de la justice par les préfets, concrètement c’est le contournement du droit au recours effectif. »
L’autorisation environnementale obtenue le 5 février 2026 pour l’ensemble du chantier couvre 1000 hectares de « libération d’emprise », dont 500 de coupes d’arbres et de défrichement. Ces coupes s’inscrivent dans le cadre des investigations préalables (sondages techniques et archéologiques).
Le Conseil national de protection de la nature (CNPN) avait reconnu que le triangle boisé de Saint-Jory était l’une des parcelles au plus fort enjeu de biodiversité dans tout le nord toulousain. Les opposants craignent également des conséquences sur l’accès à l’eau potable, en raison de la proximité des travaux avec une zone de prélèvement de l’usine de Saint-Caprais, qui alimente plus de 100 000 personnes.
Des associations, dont « Les Amis de la Terre », ont déposé un référé liberté devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux le 3 septembre 2026, arguant que l’autorisation environnementale modifiée atteint gravement au droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, garanti par l’article 1er de la Charte de l’environnement.
Source : France 3 Régions

