Vénus : des molécules du vivant résistent à des conditions extrêmes
Une nouvelle étude révèle que des molécules biologiques, traditionnellement considérées comme incapables de survivre aux conditions extrêmes de Vénus, pourraient en fait y persister. À la surface de cette planète, la température atteint près de 460 °C, et la pression atmosphérique y est 93 fois supérieure à celle de la Terre. L’atmosphère est principalement composée de dioxyde de carbone (CO₂), accompagnée de nuages d’acide sulfurique et d’une activité volcanique intense. Ces caractéristiques en font un environnement hostile où aucune forme de vie terrestre connue ne pourrait survivre.
Les exobiologistes, cependant, continuent d’explorer la possibilité que des formes de vie puissent exister dans les couches nuageuses de Vénus, qui s’étendent entre 48 et 64 kilomètres d’altitude. Ces zones pourraient offrir des conditions plus favorables à la vie que la surface brûlante.
Sara Seager, professeur en sciences planétaires, souligne l’importance d’explorer ces environnements extrêmes. « Nous recherchons des exoplanètes qui pourraient être des jumelles de la Terre, mais que se passerait-il si elles étaient toutes des jumelles de Vénus ? » Cette réflexion ouvre la voie à de nouvelles hypothèses sur la vie extraterrestre, suggérant qu’elle pourrait se développer dans des conditions que l’on considère habituellement comme hostiles.
Pour tester cette hypothèse, l’équipe de Seager a mené des expériences depuis 2020 afin de déterminer quelles molécules biologiques pourraient survivre dans l’atmosphère de Vénus. Les résultats indiquent que des acides nucléiques, des lipides et des acides aminés pourraient subsister dans cet environnement corrosif. Plus récemment, des peptides ont été testés et ont montré une stabilité remarquable dans un milieu composé à 98 % d’acide sulfurique.
Ces peptides ont non seulement survécu, mais certains ont également adopté des structures tridimensionnelles ressemblant à des boucles Omega, similaires à celles observées dans certaines protéines sur Terre. Cette découverte suggère que ces molécules pourraient potentiellement jouer des rôles biologiques dans les nuages de Vénus.
Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), renforcent l’idée que des processus biologiques pourraient exister dans des environnements que l’on pensait jusqu’alors totalement inhospitaliers.
Source : PNAS

