Une entreprise doit-elle vraiment débourser 483 euros pour augmenter de 100 euros net le salaire d’un employé payé au SMIC ?
En réalité, le montant nécessaire pour augmenter de 100 euros net une personne rémunérée au salaire minimum est presque deux fois inférieur à celui annoncé par Dominique Schelcher, le PDG de Coopérative U.
Lors d’une interview sur France Inter, Schelcher a déclaré : « Si aujourd’hui, le chef d’entreprise que je suis veut augmenter de 100 euros net quelqu’un qui est aux alentours du SMIC, ça me coûte 483 euros. » Il a également souligné que « peu d’entreprises ont les moyens de se payer ça », plaidant pour une réduction de la charge de la protection sociale sur le travail.
Cependant, une analyse réalisée par Franceinfo à l’aide d’un simulateur de cotisations employeur de l’Urssaf montre qu’augmenter un salaire au SMIC de 100 euros net, passant d’un salaire net de 1 478 euros à 1 578 euros, entraîne en réalité un coût de 246 euros pour l’employeur. Ce montant est presque deux fois inférieur à celui avancé par Schelcher.
Ce montant provient d’un rapport d’économistes, Antoine Bozio et Etienne Wasmer, publié en 2024, qui indique que pour une personne seule sans enfant, le coût du travail nécessaire à une augmentation du revenu disponible de 100 euros par mois serait de 483 euros, dont 78 euros seraient liés à la variation de la prime d’activité.
Le revenu disponible inclut le salaire net ainsi que les prestations sociales nettes d’impôts, et il est donc différent du salaire net. Les économistes précisent également que lorsqu’un salarié est augmenté, son revenu disponible n’augmente pas nécessairement du même montant, car cela dépend de la situation familiale et des prestations sociales.
En outre, le PDG de Coopérative U n’a pas mentionné que le SMIC bénéficie d’exonérations de cotisations patronales importantes, ce qui réduit le coût pour l’employeur. Ces exonérations s’appliquent principalement aux bas salaires et sont dégressives. Par conséquent, si un employeur augmente un bas salaire, il pourrait recevoir moins de subventions de l’État.
Cette dynamique est différente pour les salariés payés au salaire médian, où une augmentation de 100 euros ne coûterait que 212 euros à l’employeur, ce qui souligne l’écart entre les différentes catégories de salaires.
Source : Franceinfo

