Un générateur nucléaire abandonné repose au fond de l’océan Pacifique depuis 1970
Un réacteur nucléaire miniature se trouve à 6 000 mètres de profondeur dans la fosse des Tonga, au large du Pacifique. Il s’agit du générateur SNAP-27, qui a été largué par les États-Unis en 1970 lors de la mission Apollo 13. Ce générateur, contenant 3,8 kg de plutonium 238, a été abandonné après l’échec de la mission, et depuis plus de cinquante ans, il n’a pas été récupéré et aucune fuite radioactive n’a été détectée.
La mission Apollo 13, qui devait initialement poser des astronautes sur la Lune, a connu un incident technique majeur lorsque l’un des réservoirs d’oxygène a explosé. L’équipage a dû se réfugier dans le module lunaire Aquarius, qui transportait le générateur nucléaire. Après le retour des astronautes sur Terre, la NASA a décidé de se débarrasser du module en le larguant dans l’océan, loin des zones habitées.
Le SNAP-27, un générateur thermoélectrique à radioisotope, a été conçu pour convertir la chaleur dégagée par la désintégration du plutonium 238 en électricité. Sa conception incluait un blindage céramique résistant aux chocs et aux températures élevées, visant à prévenir toute dispersion radioactive en cas d’accident.
La décision de larguer le module dans la fosse des Tonga n’était pas fortuite. Cette zone isolée, l’une des plus profondes de la planète, a été choisie pour limiter les risques pour les populations humaines et garantir un enfouissement quasi définitif du générateur. En effet, la profondeur de 6 000 mètres rend toute récupération extrêmement complexe et coûteuse.
Plus de cinq décennies après cet incident, aucune contamination radioactive n’a été signalée. Le plutonium 238 a une demi-vie d’environ 87,7 ans, ce qui signifie qu’il reste actif pour des siècles. Cependant, aucune mission de récupération n’est envisagée, car les risques et coûts d’une telle opération dépassent largement les bénéfices.
Cette situation souligne les décisions radicales prises durant la conquête spatiale, où des choix basés sur des connaissances scientifiques ont été faits dans des contextes d’urgence. Le module Aquarius et son générateur continuent de reposer silencieusement dans les profondeurs du Pacifique, rappelant les défis et les risques associés à l’exploration humaine.
Source : Science Post

