Maisons fissurées : dans l’Indre, un nouveau dispositif pour prévenir l’apparition de fiss
Le retrait-gonflement des argiles impacte de plus en plus de maisons. Les épisodes successifs de sécheresse entraînent la formation de fiss sur les façades. Depuis un an, l’Indre fait partie des 10 départements en France retenus pour tester un nouveau dispositif, permettant la prise en charge d’un diagnostic et de travaux préventifs.
Le phénomène pourrait toucher 75 % du territoire du département de l’Indre. Environ 70 000 maisons y sont construites sur des terrains classés en aléa fort au retrait-gonflement d’argile. Bien que l’apparition de fiss ne soit pas systématique, les conditions climatiques de cet été, marquées par une sécheresse importante, risquent d’amplifier ce phénomène. Certaines communes, comme Saint-Août, sont entièrement en aléa fort, tandis que Prissac, bien que plus préservée, compte déjà une dizaine de maisons touchées. Le maire de Prissac, Hubert Jouot, a déjà reçu un nouveau dossier de sinistre et anticipe d’autres demandes dans les mois à venir.
« C’est surtout au printemps que nous merons cette année l’ampleur du sinistre. Il est encore un peu tôt pour voir les conséquences de la sécheresse sur la stabilité des sols », a déclaré Hubert Jouot.
Malgré plusieurs dossiers déposés, Prissac n’a pas été reconnu en état de catastrophe l’an passé. Les critères d’évaluation, tels que le taux d’humidité des sols et le nombre de dossiers déposés, sont stricts. Dans la région Centre-Val de Loire, des villes comme Blois et Orléans n’ont pas été reconnues en état de catastrophe malgré des sinistres.
Depuis septembre 2025, le département de l’Indre expérimente un nouveau recours pour les propriétaires victimes du retrait-gonflement des argiles. Ces derniers peuvent bénéficier d’une aide financière pour réaliser un diagnostic de leur logement et, si nécessaire, entreprendre des travaux pour minimiser les risques liés au gonflement des sols.
Le dispositif d’aides est piloté par la direction départementale des territoires de l’Indre en partenariat avec l’ADIL. À ce jour, 365 familles ont pris contact pour connaître la recevabilité de leur dossier, 21 ayant déjà reçu l’agrément des services de l’État pour la première phase de diagnostic. Cette première étape peut être prise en charge jusqu’à 3 000 euros.
« Il s’agit uniquement de déterminer si des actions sont envisageables à titre préventif. Si nécessaire, les travaux peuvent être financés jusqu’à 80 % de leur montant, dans la limite de 14 000 euros », a précisé Hazan Kaz, chef du service habitat et construction du département de l’Indre.
Une fois le diagnostic réalisé, trois types d’actions peuvent être menés : la gestion des eaux à proximité du logement, la végétalisation ou l’arrachage d’arbres trop proches de l’habitation, et l’imperméabilisation ou la perméabilisation du sol si nécessaire.
L’expérimentation, prévue pour un an, est soutenue par l’ADIL et l’association SOLIHA, qui offre une aide technique et administrative aux particuliers. L’obtention du fonds prévention argile est soumise à des conditions de revenus.
La carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles a été révisée au 1er juillet 2026, révélant que 61 % des maisons individuelles en France se trouvent sur des zones à risque moyen ou fort, touchant 55 % des communes du territoire national.
Source : France 3 Régions

