Alzheimer : des chercheurs appellent à des transfusions sanguines pour des raisons de santé.

Alzheimer et transfusion sanguine : pourquoi des chercheurs appellent déjà à agir, « c’est une préoccupation justifiée »

Alzheimer et transfusion sanguine : des chercheurs appellent à agir

La présence de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau est un symptôme de la maladie d’Alzheimer. Ces fragments de protéines s’accumulent pour former des plaques toxiques qui perturbent le fonctionnement des neurones, entraînant une perte de mémoire et d’autres symptômes. Des chercheurs ont étudié la possibilité de transmission de ces protéines par transfusion sanguine, une question qui suscite des préoccupations croissantes au sein de la communauté scientifique. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue The Lancet.

Ce que l’on sait à ce jour sur la transmission d’Alzheimer par le sang

Les scientifiques se sont penchés sur plusieurs études. La première, publiée en 2015, a fourni des preuves de la transmission de la pathologie amyloïde entre humains par voie médicale. Une étude de 2016 a confirmé ce mode de transmission, tandis que des recherches de 2018 ont suggéré que des instruments chirurgicaux contaminés pourraient transmettre des protéines de la maladie d’Alzheimer entre patients.

Récemment, une étude menée en 2023 sur une vaste cohorte au Danemark et en Suède a révélé que les personnes ayant reçu des transfusions sanguines de donneurs ayant développé des hémorragies intracérébrales étaient plus susceptibles de présenter des hémorragies cérébrales récurrentes des années plus tard. Bien que les hémorragies cérébrales spontanées soient un symptôme de l’angiopathie amyloïde cérébrale, qui est distincte de la maladie d’Alzheimer, elle est également associée aux protéines bêta-amyloïdes.

Conséquences et recommandations

Selon John Collinge, neurologue à l’University College London et co-auteur du rapport, il est biologiquement plausible que des germes de bêta-amyloïde présents dans le sang des donneurs aient été transmis aux receveurs lors des transfusions. Bien que les chercheurs restent prudents et ne puissent pas affirmer avec certitude que la maladie d’Alzheimer se transmet par le sang, ils estiment que les données disponibles justifient des mes de protection. Ils recommandent la mise en place d’analyses épidémiologiques à grande échelle pour explorer ces risques potentiels, ainsi que des mes de surveillance accrue pour les patients exposés.

Conclusion

Les chercheurs soulignent l’importance d’être transparents quant aux risques potentiels liés à la transmission du peptide bêta-amyloïde, afin de prévenir tout risque pour les patients. L’enquête sur le sang contaminé rappelle qu’il est imprudent d’attendre des certitudes absolues avant de prendre des décisions concernant la sécurité des transfusions sanguines.

Source : The Lancet

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