Mali : Les proches de Mountaga Tall exigent une preuve de vie quatre mois après son enlèvement
Au Mali, cela fait maintenant quatre mois que Mountaga Tall, avocat et ancien ministre, a été enlevé chez lui par des agents encagoulés de la Sécurité d’État. Son fils, Cheick Mamadou, ainsi que d’autres défenseurs de la démocratie, ont également été enlevés. Ils sont actuellement détenus dans des lieux inconnus, en dehors de toute procédure judiciaire légale, laissant leurs proches sans nouvelles. Les autorités politiques et judiciaires maliennes continuent de faire preuve d’un silence préoccupant et calculé.
Un membre de la famille de Mountaga Tall a déclaré : « Aujourd’hui, ce que je voudrais, c’est une preuve de vie et de bonne santé. Sont-ils bien traités ? Quelles sont leurs conditions de détention ? » Après quatre mois d’absence d’informations, l’angoisse, la tristesse et la colère se mêlent à un sentiment d’injustice. Un autre proche a souligné : « À ce jour, rien de concret ne leur est reproché. Si les autorités ont quoi que ce soit contre eux, qu’ils les poursuivent en justice, publiquement ! Cette attitude n’est pas digne d’un État de droit. »
Cette situation n’étonne pas Maître Mamadou Ismaila Konaté, avocat et ancien ministre malien de la Justice, qui estime que « c’est la stratégie des dirigeants de la transition. Ils maintiennent une chape de plomb, veulent qu’on oublie Mountaga et tous les autres, et que les gens aient peur de parler d’eux. Et malheureusement, cela fonctionne. »
En plus de Mountaga Tall et de son fils, d’autres militants pro-démocratie ont été enlevés par la Sécurité d’État début mai, tels que Youssouf Daba Diawara, proche de l’imam et opposant en exil Mahmoud Dicko, et Moussa Djiré, président du « Mouvement politique et citoyen Yiriwa 223 ».
Début juillet, le comité des disparitions forcées des Nations Unies a demandé à l’État malien si Mountaga Tall et son fils étaient bien détenus dans un lieu sous l’autorité de l’État, et a exigé des précisions sur les « fondements juridiques » de leur emprisonnement. Deux mois plus tard, Bamako n’a toujours pas répondu.
Source : RFI

