BepiColombo commence son approche vers Mercure après près de huit ans de voyage
Le 3 septembre, la mission conjointe de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA) a franchi une étape majeure, marquant le début de l’arrivée de la sonde BepiColombo à Mercure, l’une des planètes les moins étudiées de notre système solaire. Après près de huit ans de voyage à travers le système solaire interne, le module de transfert de Mercure (MTM) a libéré sa charge utile, amorçant une série d’opérations qui permettront aux deux vaisseaux de s’insérer en orbite autour de Mercure.
Cette séparation a permis à l’orbiteur planétaire de Mercure (MPO) de l’ESA et à l’orbiteur magnétosphérique de Mercure, connu sous le nom de Mio, de se préparer pour leur approche finale, qui devrait prendre environ six mois. Bruno Sousa, responsable de la définition des opérations et de l’ingénierie à l’ESA, a déclaré lors d’une diffusion en direct de la mission : « C’est comme si une nouvelle mission commençait aujourd’hui. »
BepiColombo a été lancé le 19 octobre 2018 à bord d’une fusée Ariane 5 depuis le Centre spatial guyanais à Kourou, en Guyane française. La mission initiale était prévue pour durer environ sept ans, avec une trajectoire comprenant un survol de la Terre, deux survols de Vénus et six survols de Mercure, permettant de réduire progressivement son énergie gravitationnelle.
Bruno Sousa a qualifié cette mission de « l’une des plus compliquées que nous ayons jamais réalisées ». En avril 2024, un problème de panneau solaire a réduit l’alimentation disponible pour les propulseurs électriques du MTM. Les ingénieurs ont alors conçu une trajectoire à faible poussée, ce qui a permis de sauver la mission, mais a retardé l’arrivée à Mercure de décembre 2025 à novembre 2026.
La manœuvre d’aujourd’hui ne place pas encore BepiColombo en orbite autour de Mercure. MPO et Mio passeront les prochaines semaines à naviguer vers la planète avant l’insertion orbitale prévue pour le 21 novembre. Elsa Montagnon, responsable des opérations de BepiColombo, a précisé que « l’arrivée à Mercure n’est pas aussi simple que d’autres missions qui effectuent une grande manœuvre pour y arriver. Dans notre cas, cela nécessitera six mois d’activités continues. »
L’arrivée du 21 novembre lancera une séquence de 16 manœuvres pour abaisser et remodeler progressivement l’orbite de BepiColombo. Mio devrait se séparer de MPO autour du 9 décembre et s’installer dans une orbite polaire elliptique. MPO, quant à lui, éliminera le bouclier solaire de Mio le 16 décembre, puis continuera à abaisser son altitude avant d’atteindre sa propre orbite polaire le 10 mars 2027.
Les opérations scientifiques de BepiColombo devraient commencer le 6 avril 2027, avec MPO et Mio étudiant Mercure simultanément depuis des orbites complémentaires. MPO se concentrera sur la composition de la surface de Mercure, sa géologie et son intérieur planétaire, tandis que Mio examinera le champ magnétique de la planète et son interaction avec le vent solaire.
La séparation d’aujourd’hui a eu lieu à 8h00 EDT (12h00 GMT), mais la confirmation de cet événement n’est pas arrivée avant plus d’une heure après son exécution prévue. Le signal de BepiColombo a été acquis juste avant 10h00 EDT (14h00 GMT), suivi d’une lecture de télémétrie positive indiquant que le vaisseau spatial était à la bonne position.
Montagnon a exprimé son soulagement : « Nous avons reçu la télémétrie exactement au moment où nous l’attendions, et nous avons constaté que la configuration du vaisseau spatial était correcte. C’est le meilleur scénario possible. »
Source : Space.com

