Endométriose et cycles menstruels : les révélations de la biologie de l’utérus
Eulalie Liorzou, chercheuse post-doctorante et étudiante en médecine à la faculté de Toulouse, a récemment soutenu sa thèse intitulée : Évolution de la physiologie de l’endomètre chez les primates et des maladies utérines humaines. Ses travaux mettent en lumière des aspects cruciaux du fonctionnement de l’utérus, souvent méconnus.
Les règles, un long tabou en médecine
Le fonctionnement de l’utérus, en dehors de la grossesse et durant les menstruations, reste un sujet énigmatique en gynécologie. Selon Liorzou, l’étude des menstruations est complexe : « De par le cycle hormonal qui impose un rythme, l’utérus est plus difficile à analyser qu’un organe dont le fonctionnement est constant. De plus, il existe très peu d’espèces ayant des menstruations, ce qui complique son étude. » Ce n’est qu’en 2020 que des sujets tels que les règles et l’endométriose ont commencé à être intégrés dans les études médicales. Comparer l’utérus des primates à celui des humains est essentiel pour une meilleure compréhension de son fonctionnement. La chercheuse précise : « Quand la muqueuse se détache, il y a un saignement, et toute la subtilité réside dans la compréhension des mécanismes régulant ce saignement, qui est contrôlé chez la plupart des espèces et chez toutes les femmes ayant des règles normales. »
Jusqu’à 10 ans pour diagnostiquer l’endométriose
L’endométriose, qui touche une femme sur dix, se manifeste d’abord par des douleurs. Liorzou explique que cette maladie est causée par des cellules de l’utérus qui migrent en dehors de leur emplacement normal, entraînant des lésions sur les ovaires ou le tube digestif. L’endométriose peut provoquer des saignements, des douleurs et même l’infertilité. Sa diversité de manifestations rend le diagnostic particulièrement difficile, pouvant prendre jusqu’à 10 ans.
Ces découvertes soulignent l’importance d’une meilleure sensibilisation et d’une recherche accrue sur les maladies utérines, afin d’améliorer le diagnostic et le traitement des femmes touchées.
Source : France Culture

