Sibyle Veil assume d’avoir retiré Thomas Legrand de l’antenne
Sibyle Veil, présidente de Radio France, a défendu sa décision de ne pas réintégrer le journaliste Thomas Legrand à l’antenne, dans un entretien accordé au Monde. Cette décision fait suite à des accusations de connivence avec le Parti socialiste, qui avaient émergé il y a un an, après la diffusion d’une vidéo où Legrand se vantait, devant des responsables politiques, de son influence sur les invitations à la station. Cette situation avait suscité une controverse significative sur l’impartialité de l’audiovisuel public.
Dans cet entretien, Veil a déclaré : « Dans la vidéo publiée, on entend Thomas Legrand se targuer de pouvoir inviter untel ou untel sur la station, comme s’il y faisait la pluie et le beau temps. C’est faux et cela donne le sentiment inacceptable d’une collusion entre journalistes et politiques dont les Français ne veulent plus. »
Pour sa part, Thomas Legrand a dénoncé son « invisibilisation totale et durable de l’antenne » dans une tribune au Monde fin août, affirmant être la cible d’une « campagne extérieure, mensongère et manipulatrice ». Il a également exprimé ses préoccupations quant à la présidence de Radio France, qu’il juge trop influencée par des pressions extérieures, comme il l’a déclaré au magazine Télérama.
En réponse, Sibyle Veil a qualifié Legrand de « martyr de l’indépendance de l’audiovisuel public », précisant que la véritable indépendance signifie que « personne, ni un pouvoir ni un journaliste ni un dirigeant, ne dispose des antennes publiques comme d’un bien propre ». Elle a conclu en affirmant que cette position justifie leur refus de le réintégrer dans un créneau régulier sur France Inter.
Source : Le Monde.

