Sibyle Veil défend le pluralisme à Radio France face à la fronde interne
Paris, 3 septembre 2026 – Sibyle Veil, présidente de Radio France, a affirmé lors de la conférence de presse de rentrée que le service public doit donner la parole à « des gens qui ne pensent pas la même chose ». Cette déclaration intervient alors que la maison ronde fait face à une fronde interne concernant l’arrivée de Charles Sapin, un responsable du magazine d’extrême droite « Valeurs actuelles ».
L’intersyndicale de Radio France a déposé un préavis de grève pour les dimanches 13 et 14 septembre, exigeant le retrait de la chronique hebdomadaire de Sapin sur France Inter. Cette décision est justifiée par la direction au nom du pluralisme, en cette année électorale cruciale. « Le service public n’est pas un champ de bataille, il n’est pas non plus un champ neutre et aseptisé », a précisé Veil. Elle a insisté sur l’importance d’une antenne qui reflète la diversité des opinions présentes dans la société française.
Veil a également évoqué les pressions qu’elle subit pour écarter certains intervenants, citant des noms comme Sophia Aram et Charline Vanhoenacker. « On ne dirige pas un groupe de radio en cochant des noms sur une liste », a-t-elle déclaré.
Un contexte de tensions internes
Céline Pigalle, la patronne de France Inter, a rencontré les personnels de la station pour défendre ce recrutement, affirmant vouloir « animer la conversation nationale ». Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, a également adressé un message en interne, affirmant que si le magazine devait retourner à ses « démons », des conséquences seraient prises sans délai. « On ne condamne personne avant qu’il ait parlé », a-t-il ajouté.
Les auditeurs sont appelés à se rassembler le 13 septembre à 14h00, date de la chronique controversée. Une motion adoptée à l’unanimité par les personnels du groupe public exprime leur « refus catégorique » de l’arrivée de Sapin, qui est perçue comme incompatible avec les valeurs de Radio France.
Un magazine controversé
« Valeurs actuelles », qui se revendique conservateur, a été condamné plusieurs fois en justice, notamment pour avoir dépeint en esclave l’élue Insoumise Danièle Obono en 2021. À l’époque, le magazine était dirigé par Geoffroy Lejeune, désormais au Journal du dimanche.
Cette situation met en lumière les tensions croissantes autour de la question du pluralisme dans les médias publics en France, alors que le pays se prépare pour une nouvelle année électorale.
Source : Nouvel Observateur

