Béatrice témoigne : un combat collectif pour l’aide à mourir après la perte de son mari

TÉMOIGNAGE.

Si la loi avait existé, il aurait moins souffert : Béatrice Ouin témoigne de son combat pour l’aide à mourir

Béatrice Ouin, 74 ans, exprime son soulagement après l’adoption de la loi sur l’aide à mourir, inscrite au Journal officiel le 19 août dernier. Cette avancée législative représente pour elle bien plus qu’un simple progrès : c’est l’aboutissement d’un combat personnel, né de l’expérience douloureuse vécue lors de la fin de vie de son mari, décédé en 2014.

Son mari, atteint d’un cancer du sang, a subi des traitements éprouvants à Montauban. « Il a fait la chimio pour ses enfants qui étaient encore jeunes, mais c’était extrêmement douloureux, j’en ai été témoin », relate-t-elle. Lorsque les traitements ne fonctionnent plus, il souhaite se rendre en Suisse pour bénéficier du suicide assisté, mais les délais d’attente sont trop longs. Entre-temps, son état se dégrade rapidement, et il finit par refuser d’être hospitalisé.

Les jours qui suivent sont éprouvants pour Béatrice, qui se souvient des soignants doutant de la volonté de son mari. « Ils s’enfermaient dans la chambre avec lui pour vérifier », se remémore-t-elle. Il décède trois jours plus tard, et Béatrice regrette qu’une loi sur l’aide à mourir n’ait pas été en vigueur à cette époque. « Si la loi avait existé, il aurait moins souffert », déplore-t-elle.

Après la mort de son mari, Béatrice Ouin s’engage activement pour le droit à mourir dans la dignité. Elle rejoint l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et prend la tête de la délégation du Tarn-et-Garonne en 2014. Au fil des ans, elle observe une évolution des mentalités autour de ce sujet sensible. « Au fil des années, j’ai constaté que l’opinion publique basculait », affirme-t-elle, notant une augmentation des signatures et des témoignages de personnes partageant des expériences similaires.

Bien que la loi sur l’aide à mourir ait été adoptée, Béatrice souligne que le combat doit se poursuivre. Elle plaide pour que les directives anticipées soient prises en compte lorsque la personne n’est plus en me d’exprimer sa volonté. « Ma dignité, c’est d’être autonome, « , insiste-t-elle.

Pour Béatrice, cette loi représente une « liberté supplémentaire », mais elle considère qu’il reste encore beaucoup à faire. « Il fallait franchir ce premier pas », conclut-elle.

Source : La Dépêche

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