Bars-tabacs et vote RN : une étude révèle des tendances électorales en France.

Bars-tabacs et vote RN : l’étude que les grands médias ont adorée - Acrimed

Bars-tabacs et vote RN : une étude qui fait débat

Le 30 janvier 2026, le CEPREMAP, laboratoire de recherche en sciences économiques, a publié une note de recherche par le chercheur Hugo Subtil, intitulée « Quand les bars-tabacs ferment. L’érosion du lien social local et la progression du vote d’extrême droite en France ». Cette note, d’une longueur de huit pages, a rapidement suscité un large intérêt médiatique, avec des reprises dans des médias tels que Le Monde, Libération, Le Figaro, France 2, et BFM-TV, entre autres. Entre le 2 et le 3 février, la majorité des médias français ont relayé l’idée que la fermeture des bars-tabacs, considérés comme des lieux de sociabilité, contribuaient à la montée du vote pour le Rassemblement National (RN).

L’étude a été mise en avant dans plusieurs éditoriaux, comme celui de Patrick Cohen sur France Inter, qui a souligné le lien entre la fermeture des bars-tabacs et le vote RN, mentionnant également que l’ouverture de cafés était associée à une baisse de ce même vote. D’autres journalistes, tels qu’Anne Saurat-Dubois sur BFM-TV, ont également fait écho à cette analyse, qualifiant la fermeture des bars de « symbole politique de la France oubliée ».

Cette note a également alimenté des débats dans divers médias, avec des personnalités comme Élisabeth Lévy et Éric Revel discutant de ses implications. Cependant, Hugo Subtil lui-même a tempéré l’enthousiasme, en précisant que ce qu’il avait identifié n’était qu’une « toute petite cause » parmi d’autres facteurs, notamment les classes sociales.

Le succès de cette étude peut être attribué à sa capacité à s’inscrire dans un récit médiatique préexistant. En effet, l’étude a été relayée dans un contexte où les fermetures de bars-tabacs étaient déjà perçues comme des marqueurs de déclin social. Ce phénomène a été renforcé par l’utilisation de termes comme « archipélisation », popularisés par des analystes tels que Jérôme Fourquet, qui ont déjà établi un lien entre la géographie sociale et les résultats électoraux.

Aucune donnée récente n’a été intégrée à cette analyse, bien que les fermetures de bars-tabacs aient été significatives, avec près de 18 000 établissements disparus entre 2002 et 2022. Toutefois, cette note n’a pas été sans susciter des interrogations sur la qualité de sa méthodologie, notamment en raison de la précarité des conditions de travail des journalistes qui ont relayé ces résultats sans critique approfondie.

La diffusion rapide de cette étude illustre une tendance médiatique à privilégier des explications simplistes face à des phénomènes sociaux complexes. Ce phénomène soulève des questions sur la manière dont les médias traitent les sciences sociales et les implications de leurs analyses sur le débat public concernant la montée du RN.

Source : ACRIMED

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