Eni investit 1,5 milliard par an dans le secteur pétrolier du Venezuela post-Maduro.

Pétrole : Eni mise 1,5 milliard par an sur le Venezuela de l'après-Maduro

Pétrole : Eni mise 1,5 milliard par an sur le Venezuela de l’après-Maduro

Le 2 septembre 2026, le groupe italien Eni a franchi une étape stratégique majeure en signant un accord qui lui confère le rôle d’opérateur exclusif du champ pétrolier Junin-5, l’un des plus grands gisements de la Ceinture de l’Orénoque. La signature de cet accord s’est déroulée à Caracas en présence de la présidente par intérim Delcy Rodriguez et du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright. Claudio Descalzi, PDG d’Eni, a qualifié cet accord de « première étape vers un développement accru ».

Depuis 2010, Eni avait une participation dans Junin-5 aux côtés de PDVSA. Cependant, l’accord du 2 septembre modifie considérablement son rôle. Eni prend désormais en charge tous les aspects techniques, financiers et commerciaux du champ, dirigeant l’exploitation, finançant les investissements et vendant la production. Les réserves certifiées du champ s’élèvent à 35 milliards de barils, mais la production actuelle ne dépasse pas 12 000 barils par jour. Eni ambitionne d’atteindre 400 000 barils par jour d’ici la fin de la décennie, ce qui représente une augmentation de 3 200 %. Pour ce faire, l’entreprise prévoit d’investir environ 1,5 milliard de dollars par an dans le développement du site.

Les ambitions d’Eni ne se limitent pas à Junin-5. Le groupe vise une production totale de plus d’un million de barils par jour au Venezuela, y compris les volumes de PDVSA. En 2025, sa production moyenne était de 64 000 barils d’équivalent pétrole par jour, et la projection actuelle représente une multiplication par quinze. En parallèle, Eni négocie de nouveaux contrats pour le champ Corocoro et a signé un accord d’exportation de gaz pour le champ Perla.

La présence de Chris Wright à Caracas est significative. Le secrétaire américain à l’Énergie mène une offensive diplomatique et économique au Venezuela pour augmenter rapidement l’offre pétrolière mondiale, en réponse à la hausse des prix de l’essence aux États-Unis, due à la guerre en Iran. Wright a affirmé que plusieurs accords seraient annoncés, entraînant un doublement de la production pétrolière vénézuélienne dans les prochaines années. Les huit accords signés ce jour-là représentent « des dizaines de milliards de dollars d’investissement », jugés essentiels pour stimuler la paix et la prospérité au Venezuela.

Eni n’est pas seul dans cette démarche. Le même jour, Chevron, Shell, BP et Repsol ont également signé des accords avec Caracas, tandis que GE Vernova, la division énergétique de General Electric, est impliquée. Cette coordination révèle une stratégie concertée, facilitée par Washington pour le retour des grandes entreprises occidentales au Venezuela, écartées durant l’ère Maduro. L’enjeu dépasse la simple production pétrolière, visant à reprendre le contrôle des ressources énergétiques latino-américaines et à marginaliser les puissances rivales. La crise énergétique mondiale de 2026 sert de levier à l’administration américaine pour redéfinir les alliances énergétiques régionales.

Source : ANSA, Briefs, Energy Connects, TRT World

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