Une honte : une fusillade à Kiev met en lumière la rivalité entre les services de sécurité ukrainiens
Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre, une fusillade a éclaté dans le quartier de Berezniaky, au centre de Kiev. Les responsables de cet incident ne sont pas des agents étrangers, mais deux services nationaux en charge de la sécurité du pays. Selon les premiers rapports, cet affrontement aurait fait au moins trois blessés dans un camp.
Peu après l’incident, le Service de sécurité intérieure d’Ukraine (SBU), chargé de la sûreté de l’État, a tenté d’expliquer la situation. Initialement, il a déclaré qu’une opération conjointe avec le renseignement militaire ukrainien (HUR) visait à déjouer une « attaque terroriste » attribuée au Service fédéral de sécurité russe (FSB), ciblant un leader de l’opposition russe récemment arrivé en Ukraine.
Quatre heures plus tard, le SBU a modifié sa version des faits, révélant que son unité d’élite Alpha s’était en réalité confrontée au HUR, qui aurait entravé une perquisition. Les agents du SBU auraient ouvert le feu, blessant des membres du HUR qui s’opposaient à leur intervention.
Le Wall Street Journal souligne que le SBU et le HUR sont les principales agences de renseignement ukrainiennes, impliquées dans des opérations clandestines sur le territoire russe. Selon des sources proches du dossier, la rivalité entre ces deux organisations s’est intensifiée ces derniers mois, exacerbée par des changements de direction.
Courroux de Volodymyr Zelensky
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié l’incident de « honte absolue », affirmant que des responsabilités devaient être établies. Il a insisté sur la nécessité d’enquêtes internes et a déclaré que « seuls les occupants russes peuvent être visés ». Son mécontentement est d’autant plus significatif dans un contexte où la Russie intensifie ses frappes, avec des attaques de drones sur Kiev pour la sixième journée consécutive.
Dmytro Lytvyn, chef de la communication de Zelensky, a rapporté que le président a exprimé sa colère envers les responsables des deux services impliqués. Cette situation intervient alors que la Russie, dans une impasse après presque cinq ans de conflit, pourrait envisager une escalade.
Des informations circulent également sur l’implication du Corps des volontaires russes (RVC), une unité de nationalistes russes combattant pour l’Ukraine, qui aurait été liée à l’incident. Selon des sources, un de leurs commandants, Stepan Kaplunov, aurait été enlevé par le SBU avant la fusillade.
Cette fusillade soulève des questions préoccupantes sur la coordination et la rivalité entre les agences de sécurité ukrainiennes, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires croissants sur le front de la guerre.
Source : L’Express

