El Niño se renforce : quelles conséquences pour l’économie mondiale ?
Un El Niño très intense attendu cet automne
Les eaux du Pacifique équatorial continuent de se réchauffer, avec des anomalies de température atteignant entre +2,2 et +2,6°C. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la probabilité qu’El Niño persiste jusqu’en février 2027 est désormais estimée à près de 100 %, avec un pic prévu vers la fin de l’année. La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) anticipe également plus de 90 % de chances pour un épisode très fort cet automne-hiver.
Pêche, agriculture, transport : des effets déjà très concrets
Au Pérou, le réchauffement des eaux perturbe la pêche à l’anchois, cruciale pour la production mondiale de farine de poisson, entraînant une forte augmentation des prix et une baisse de l’activité dans le secteur halieutique. En Inde, un déficit de mousson menace les cultures de soja, maïs, coton et légumineuses. Par ailleurs, le canal de Panama fait face à un manque d’eau pour faire fonctionner ses écluses, ce qui réduira le nombre de passages en septembre, augmentant les coûts et les temps de transport maritime.
Les marchés suivent de près les produits agricoles comme les céréales, le riz, le café, le cacao et les produits de la pêche. Un El Niño puissant peut entraîner une réduction de certaines récoltes tout en favorisant d’autres selon les régions, ce qui pourrait accroître la volatilité des prix alimentaires. En Europe, les impacts météorologiques sont moins directs, El Niño influençant principalement les échanges mondiaux, les matières premières et les chaînes d’approvisionnement.
Notes / sources :
(1) Organisation météorologique mondiale, bulletin El Niño du 3 septembre 2026 ; NOAA Climate Prediction Center, prévision ENSO.
(2) FAO : la farine de poisson péruvienne atteignait 2 500 $/t en mai, contre environ 1 400 $ un an auparavant ; Reuters rapporte une baisse de 31 % de l’activité halieutique péruvienne sur les cinq premiers mois de 2026. L’Inde prévoit pour septembre des pluies de mousson inférieures à 91 % de la normale.
(3) Le canal de Panama prévoit de passer de 34 à 32 transits quotidiens en septembre, avec de nouvelles restrictions possibles si les réservoirs continuent de baisser.

