Ebola pèse sur les économies africaines : Frontières fermées, marchandises bloquées, tourisme en berne
La 17e épidémie de maladie à virus Ebola, partie de la région congolaise de l’Ituri, a déjà fait 49 victimes confirmées selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais cette crise n’est pas seulement sanitaire ; elle affecte également l’économie de la République démocratique du Congo (RDC) et celle de la sous-région.
Des milliers de tonnes de marchandises, destinées à ou en provenance de la RDC, sont bloquées en raison des blocus frontaliers imposés par le Rwanda et l’Ouganda. Ce phénomène touche ce qui est appelé “le corridor nord”, un couloir de transport reliant les pays de la région des Grands Lacs, notamment le Burundi, la RDC, le Rwanda et l’Ouganda. Des centaines de camions sont immobilisés aux points de passage, et les marchandises s’accumulent, certaines pourrissant dans les entrepôts.
La RDC, pays enclavé sans accès à l’océan Indien, dépend fortement des ports de Mombasa au Kenya et de Dar es Salam en Tanzanie pour exporter ses produits vers l’Asie. De plus, le prix de l’essence a considérablement augmenté, passant de 1,41 à 2,28 euros le litre en Ouganda, soit une hausse de plus de 60 %. Ces frais supplémentaires se répercutent sur le prix de vente des biens.
Les transports aériens sont également perturbés. Selon Radio Okapi, aucun vol n’était assuré entre la RDC et l’Ouganda à la date du 30 mai. Le transport transfrontalier de passagers, y compris les bus et les ferrys, a été suspendu par les autorités ougandaises en réponse à l’épidémie.
Les commerçants locaux, comme Rachel Mwangilwa, vendeuse à Goma, expriment leur inquiétude quant à la rareté des produits et à l’augmentation des prix. De même, Nadine Chiruza, vendeuse d’épices, souligne que sa capacité à subvenir aux besoins de sa famille est mise à mal par la fermeture des frontières.
Cette situation impacte également le secteur touristique en Ouganda. Les autorités de ce pays craignent que les restrictions imposées par les gouvernements étrangers, notamment les États-Unis, n’entraînent une baisse significative des visiteurs, qui sont souvent américains. De nombreuses compagnies aériennes ont déjà suspendu leurs vols vers l’aéroport d’Entebbe, même si celui-ci n’est pas situé dans une zone touchée par l’épidémie.
La décision de Washington de suspendre temporairement tous les octrois de visas dans ses ambassades de Kinshasa, Kampala et Juba suscite également des préoccupations dans les milieux économiques et diplomatiques d’Afrique centrale et de l’Est, rappelant que les États-Unis sont un partenaire stratégique dans plusieurs domaines pour ces pays.
Source : The East African, Radio Okapi, Actualités CD, Daily Monitor, Zoom-Eco