Un non-sens écologique : l’Île-de-France va accueillir un datacenter IA géant
Bientôt l’un des plus gros datacenters d’Europe à quarante kilomètres de Paris ? Ce projet fait débat et mobilise les militants écologistes. Les opposants, regroupés dans le collectif Stop Campus IA, se sont donné rendez-vous ce samedi à Melun pour protester. Une pétition a également été lancée, réunissant pour le moment 50 000 signatures.
L’histoire se déroule en Seine-et-Marne, plus précisément dans la commune de Fouju, qui compte 650 habitants, à quelques kilomètres de Melun. Le projet prévoit la construction d’un immense campus IA composé, à terme, de 11 datacenters. Établi en 2025, il a reçu l’autorisation de construction du préfet du département le 29 juillet dernier. Cet investissement de 50 milliards d’euros suscite l’opposition de nombreux habitants, agriculteurs et associations écologistes.
Un datacenter à la place des champs
Ce campus IA prendra la forme d’un complexe de 90 hectares, édifié au milieu de champs cultivés. En plus d’empiéter sur les terres agricoles, ce projet colossal va consommer, à terme, 1,4 gigawatt. Les opposants s’inquiètent des risques liés au système de refroidissement, notamment des fuites de gaz réfrigérant, même si le porteur du projet met en avant un refroidissement sans eau. La question de la génération de chaleur est également une préoccupation majeure. Jean-François Dupont de France Nature Environnement a déclaré : « La chaleur va être rejetée dans l’air, avec le risque de création d’îlots de chaleur. On estime que ces datacenters vont produire l’équivalent de chaleur de 200 000 foyers. »
Les opposants estiment que la température autour du site pourrait augmenter de deux degrés, une donnée alarmante dans le contexte de sécheresse extrême que la France a connue cet été. Des risques de fuites d’hydrocarbures en provenance des générateurs de secours sont également soulevés. Pauline Isambert, de la Confédération paysanne d’Île-de-France, a déclaré : « Ce projet est un non-sens écologique. On est pour installer des paysans, et contre toute forme d’artificialisation. »
Les élus se mobilisent également contre ce datacenter. Céline Malaisé, conseillère régionale communiste, dénonce un déni de démocratie, soulignant que la consultation publique n’a duré qu’un mois, du 30 avril au 30 mai, ce qui est jugé insuffisant pour permettre une véritable expression des habitants.
Onze datacenters, pourquoi faire ?
La construction de ce complexe géant représente un intérêt financier certain. Financé à hauteur de 50 milliards d’euros par des géants tels que Nvidia, MGX, Bpifrance et Mistral AI, il vise à dynamiser une région et à créer des emplois, tout en permettant à la France de ne pas se laisser distancer dans le domaine de l’intelligence artificielle. Toutefois, le jeu en vaut-il la chandelle ? Pas pour les opposants.
Source : France 3

