Tanzanie : Les Masaï, guerriers de la faune sauvage
Dans le nord de la Tanzanie, des guerriers Masaï ont échangé leurs lances contre des smartphones. Grâce à l’association African People and Wildlife, de nouvelles générations de villageois sont formées pour anticiper et gérer les conflits entre faune sauvage et humains. Ce changement a permis aux populations de mieux coexister avec les animaux sauvages.
Dans le village de Mswakini, situé sur le chemin des animaux vers le parc national du Tarangire, les « wildlife warriors » patrouillent. Lomayani, l’un des patrouilleurs, indique une empreinte d’éléphant. Chaque matin et soir, lui et son collègue effectuent des rondes de deux heures pour alerter les habitants en cas de présence de prédateurs. Ezekiel Moolel, responsable du programme de coexistence à l’ONG, souligne l’évolution des mentalités : « Avant, les animaux sauvages étaient perçus comme des ennemis, menaçant le bétail. On les combattait avec des lances ou du poison. En un mois, jusqu’à trois ou quatre lions pouvaient être tués. »
Aujourd’hui, les patrouilleurs n’utilisent plus de lances, mais un bâton et une machette, ainsi qu’un smartphone. Loother, un autre guerrier, explique : « Quand je trouve une empreinte de lion, j’ouvre l’application qui me demande la date, le lieu et d’autres détails. » L’ONG a développé une quinzaine de questions pour faciliter la collecte d’informations sur les interactions avec la faune.
Neovitus Sianga, responsable de la conservation à l’association, précise que la consultation des guerriers et des aînés est essentielle pour le programme. Cette approche a permis de réduire de 38 % les attaques liées au bétail dans le village entre 2019 et 2025. Cependant, les conflits entre humains et faune sauvage demeurent fréquents en Tanzanie, avec plus de 8 000 incidents signalés entre 2021 et 2024.
Source : RFI

