En Éthiopie, les débuts timides de la nouvelle Ethiopian Securities Exchange
L’Ethiopian Securities Exchange (ESX) a été inaugurée en 2025, devenant ainsi la plus jeune bourse d’Afrique. Ce lancement a été qualifié par son directeur, Tilahun Kassahun, de « naissance d’une nouvelle Éthiopie », illustrant le virage libéral amorcé par le Premier ministre Abiy Ahmed depuis son arrivée au pouvoir en 2018.
Le 10 janvier 2025, l’ESX a ouvert ses portes dans un bâtiment moderne du quartier d’Arada, au cœur d’Addis-Abeba. Cette initiative marque le retour d’une bourse de valeurs en Éthiopie, supprimée en 1974 par le régime communiste du Derg. Abreham Tesfaye, analyste indépendant spécialisé dans le secteur bancaire, souligne que « la bourse facilite l’accès aux capitaux, notamment à long terme, pour les startups et autres entreprises opérant sur le marché. Ces entreprises étaient auparavant dépendantes des prêts bancaires à court terme. »
L’ESX représente également un outil pour le gouvernement. Berhane Teame, économiste spécialisé dans les marchés financiers, explique que « dans cette nouvelle bourse, il existe un marché pour les bons du Trésor d’État, permettant au gouvernement de mobiliser des fonds pour ses besoins. »
À ce jour, seules cinq entreprises sont cotées à l’ESX, accompagnées de huit courtiers, ce qui entraîne une situation où il y a plus de courtiers que d’entreprises. Berhane Teame reste optimiste, affirmant que « le nombre d’entreprises inscrites va finir par augmenter. »
Cependant, le développement de l’ESX est freiné par un manque d’informations. Abreham Tesfaye insiste sur la nécessité d’informer davantage les investisseurs sur le fonctionnement de la bourse et les services offerts. Le 8 juillet, quatre sociétés éthiopiennes ont reçu l’approbation de principe pour être cotées, élargissant ainsi le nombre d’émetteurs potentiels. L’objectif est d’atteindre 90 entreprises cotées d’ici dix ans.
Source : RFI

