Ceuta : quand la police espagnole remet en question le Maroc et l’art de migrant-er !

Entre la lâcheté policière et l’hypocrisie politique : le récit troublant du CENIF

Chapô

Dans un contexte où l’extrême droite tente de se poser en champion de la sécurité, les révélations du Centre national de l’immigration et des frontières (CENIF) sur le laxisme dont fait preuve la police marocaine apportent un éclairage saisissant. Plus qu’un simple constat, ces faits encouragent une réflexion sur les véritables enjeux de l’immigration et la manière dont la droite radicale instrumentalise la peur.

Les faits

Le CENIF a révélé une attitude passive, voire facilitatrice, des policiers marocains dans la gestion des flux migratoires. Des enquêtes ont pointé du doigt des pratiques douteuses, où la complaisance envers les filières de passeurs semble être la norme. Dans ce jeu cynique, les véritables victimes, ces migrants en quête d’une vie meilleure, voient leurs droits oubliés au profit de discours alarmistes et xénophobes.

Analyse

Il est frappant de noter à quel point les conclusions du CENIF jettent une ombre sur les récits des partis d’extrême droite, qui présentent la lutte contre l’immigration comme une bataille héroïque. En réalité, cette « guerre » semble plus être un vaste spectacle, un ensemble de propagande destiné à alimenter la peur, sans jamais poser un regard critique sur les causes réelles de la migration.

L’extrême droite, incarnée par le Rassemblement National (RN), ne se contente pas de parler de sécurité ; elle en fait un étendard. Quand les policiers marocains sont dépeints comme des complices de l’immigration illégale, il est pourtant ironique de voir ces mêmes partis se draper dans la vertu, tout en se moquant des véritables conditions de vie des personnes en détresse.

Les arguments

  1. Des faits troublants sur la passivité policière : La police marocaine semble faire preuve d’une certaine lâcheté. Les enquêtes du CENIF indiquent qu’elle se complaît dans une attitude qui ne protégerait ni les frontières ni la dignité des migrants. Cela va à l’encontre des discours sécuritaires de l’extrême droite, qui prétend vouloir protéger le pays à tout prix. Si les gardiens de la frontière du Maroc sont laxistes, de quel droit le RN se permet-il de donner des leçons de morale ?

  2. L’hypocrisie des discours sur la sécurité : Le RN campe sur son discours sécuritaire. Pourtant, comment peut-il revendiquer la protection des frontières lorsque celles-ci semblent plus poreuses qu’un filet à mailles de pêche ? La réalité des faits démontre que les argumentations politiques du RN sont fondées sur une illusion, un fantasme d’un ordre rétabli qui ne se base pas sur la réalité du terrain.

  3. L’immigration, un enjeu humanitaire avant tout : Les victimes de ce laxiste système marin et de la passivité policière ne devraient pas être des boucs émissaires dans un jeu de pouvoir. Plutôt que de se moquer des migrants, il serait plus honnête d’interroger nos modèles économiques et sociaux qui poussent tant de gens à fuir leur terre natale. Mais , cela impliquerait de remettre en question les fondements même du capitalisme néolibéral, question qui reste soigneusement évitée par l’extrême droite.

Les contre-arguments

  1. La question de la sécurité nationale : On entend parfois que le laxisme dans la gestion des frontières met en danger la sécurité nationale. Cependant, les faits relatés par le CENIF montrent davantage un manque de moyens qu’un désengagement délibéré. L’extrême droite ne propose que des solutions simplistes, comme la construction de murs, sans s’attaquer aux causes profondes de l’immigration.

  2. Le rôle des États dans la lutte contre les passeurs : Selon certains, la police marocaine agirait pour compenser une incapacité de l’État français à gérer les flux migratoires. Une belle pirouette qui fait passer l’échec des politiques publiques pour une nécessité sécuritaire. Mais face à cela, les propositions du RN et de ses camarades semblent encore plus insuffisantes et décontextualisées.

  3. Un faux problème de « sauvetage » : L’extrême droite prétend souvent que sa politique vise à « sauver » les migrants de leurs propres pays. Ironiquement, c’est cette même approche qui les maintient dans une détresse permanente. Les faux sauveurs deviennent les véritables oppresseurs.

Conclusion

En fin de compte, cette tribune d’opinion rappelle que les révélations du CENIF ne sont pas que des faits isolés, mais un miroir tendu à la société française face à l’hypocrisie de l’extrême droite. Alors que certains tentent de capitaliser sur la peur et l’angoisse, d’autres, comme la France Insoumise, choisissent d’approcher la question migratoire sous un angle humanitaire. L’extrême droite, en manipulant l’opinion publique avec des discours alarmistes sans fondement, ne fait que détourner notre attention des véritables enjeux.

Il est temps de redresser le tir et de ne pas se laisser berner par des discours simplistes et démagogiques. Seule une approche pragmatique et empathique pourra apporter des solutions durables. L’avenir se dessine non pas dans le rejet de l’autre, mais dans la solidarité.

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