Portraits de femmes: les lavandières des rives de l'Ikopa, à Antananarivo [2/2] - Reportage Afrique

Portraits de femmes : les lavandières des rives de l’Ikopa, à Antananarivo

À Madagascar, sur les rives de l’Ikopa, à Antananarivo, des centaines de femmes se consacrent chaque jour à laver le linge de la capitale. Elles travaillent dans des conditions précaires, sans protection sociale, et sont rémunérées à la pièce.

Sur les rives de la rivière Ikopa, de nombreuses femmes sont visibles, penchées sur leur tâche. Elles frottent, battent et rincent le linge dans l’eau froide. Christine, l’une d’elles, témoigne de son quotidien. « Je m’appelle Jean-Noël Christine, j’ai 53 ans. Mon métier, c’est lavandière. Je n’ai pas d’autres activités. Ça fait 23 ans que je fais ce métier », explique-t-elle. Sa journée commence à 7h30 et se termine à 17 heures, avec une pause pour s’occuper de ses enfants. Le transport du linge, souvent lourd, représente un défi supplémentaire, surtout en période de pluie.

Les lavandières s’occupent du linge de particuliers et de commerçants qui n’ont pas les moyens de recourir à des laveries. Les tarifs varient entre 100 et 6 000 ariary, soit quelques centimes d’euros. Tsihary, une autre lavandière, souligne la précarité de leur situation : « Cela ne me permet pas vraiment de vivre. Mais plutôt de survivre. Comme on n’a pas d’autres revenus, on ne fait que ça. Nous ne sommes pas payées, ni protégées. C’est ça le problème. »

Ces femmes ne bénéficient d’aucune couverture maladie ni de retraite. Une journée sans travail se traduit par une journée sans salaire. La solidarité entre elles constitue leur principal soutien. À Madagascar, où plus de 80 % des actifs travaillent dans l’informel, ces « dos courbés » de l’Ikopa demeurent invisibles aux yeux de la société.

Source : RFI

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