Honda et Nissan annoncent un partenariat stratégique sur les logiciels embarqués
En février 2025, Honda et Nissan ont renoncé à leur projet de fusion, qui aurait créé le quatrième constructeur automobile mondial. Dix-huit mois plus tard, le 31 août 2026, ils ont dévoilé un partenariat stratégique axé sur les logiciels embarqués, marquant une nouvelle forme de collaboration pour l’industrie. Au lieu de fusionner, les deux entreprises japonaises se concentrent sur le développement d’unités de contrôle électronique (ECU), de systèmes d’exploitation embarqués et de logiciels de contrôle véhicule. Les premiers modèles intégrant ces technologies sont prévus pour 2029.
Février 2025 : l’échec d’une fusion prometteuse
Les discussions entre Honda et Nissan, entamées en 2024, avaient pour objectif de créer une entité capable de rivaliser avec des géants tels que Toyota, Volkswagen et Stellantis. Toutefois, en février 2025, ces négociations ont échoué à cause de divergences concernant la gouvernance, la répartition des actifs et les priorités technologiques. Selon Road and Track, des obstacles réglementaires liés aux participations croisées et aux alliances existantes, notamment celle de Nissan avec Renault et Mitsubishi, ont également contribué à cette décision.
Une alliance flexible plutôt qu’une fusion
L’accord du 31 août 2026 se concentre sur le développement conjoint d’ECU standardisées, de middleware et de logiciels de contrôle. Honda et Nissan mettront en commun leurs ressources de recherche et développement pour créer des unités de contrôle haute performance et des ECU zonaux. Dans une déclaration conjointe, ils ont souligné l’importance de cycles de développement plus rapides et d’investissements efficaces. Contrairement à une fusion, chaque entreprise conserve son autonomie, sa marque et sa stratégie commerciale, partageant uniquement la couche logicielle et électronique pour réaliser des économies d’échelle.
Mitsubishi Motors, partenaire historique de Nissan, suit de près ce rapprochement. Selon le Straits Times, Mitsubishi envisage de rejoindre cette collaboration, ce qui pourrait renforcer les négociations avec les fournisseurs de composants électroniques. Cependant, l’intégration d’un troisième acteur pourrait compliquer la gouvernance et diluer les gains d’efficacité. Une décision est attendue avant la fin de l’année fiscale 2026.
Stratégie d’investissement et calendrier
Les premiers véhicules intégrant les logiciels et ECU développés conjointement seront commercialisés à partir de l’année fiscale 2029. Ce délai de trois ans est nécessaire pour les phases de conception, de prototypage, de validation et d’homologation. Car and Driver note que les constructeurs doivent également former leurs équipes, adapter leurs chaînes de production et négocier avec les équipementiers. Le calendrier 2029 permettra à Honda et Nissan de tester leurs systèmes et d’intégrer les retours des utilisateurs avant un déploiement à grande échelle.
La standardisation des ECU et des logiciels devrait générer des économies significatives, permettant aux deux groupes de négocier des volumes plus importants auprès des fournisseurs. Cependant, ce partenariat comporte des risques, notamment une dépendance excessive qui pourrait limiter la différenciation entre les marques. Un défaut logiciel majeur pourrait avoir des répercussions simultanées sur les deux constructeurs, entraînant des rappels et nuisant à leur réputation. La coordination entre deux cultures d’entreprise distinctes nécessitera une gouvernance rigoureuse.
Source : Road and Track, Straits Times, Car and Driver.

