Vrai ou faux : La réforme du concours des enseignants a-t-elle permis de « recruter quasiment à plein » ?
Les bons chiffres du recrutement des enseignants, vantés lundi par Edouard Geffray sur France Inter, ont en réalité été favorisés par la coexistence du nouveau et de l’ancien concours en 2026.
Avant la rentrée, le ministre de l’Éducation nationale a tenu à rasr. Edouard Geffray a mis en avant une amélioration du recrutement des enseignants, attribuée au déplacement du concours à bac +3. « On a fait le plein cette année » grâce à cette réforme, s’est-il félicité lundi 31 août sur France Inter.
L’ex-ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, a également souligné que « tous les postes offerts aux concours de recrutement des enseignants ont été pourvus ». Cependant, les syndicats appellent à la prudence, jugeant ces résultats en partie « en trompe-l’œil » en raison de la coexistence cette année des épreuves à bac +3 et à bac +5.
Cette réforme du concours externe de recrutement des enseignants avance les épreuves à la fin de la licence, avec l’objectif d’élargir le vivier de candidats et de contrer la pénurie de professeurs. Plus de 2 600 postes étaient restés vacants en 2025. Jusqu’à l’année précédente, les aspirants professeurs ne pouvaient passer ce concours qu’après un master.
Selon le ministère, sur les 25 043 postes offerts, 24 351 ont été pourvus pour la rentrée 2026, représentant un taux de postes pourvus de 98,5 % dans le premier degré, contre 92,1 % en 2025. Dans le second degré, ce taux dépasse les 96 %, contre 90,6 % l’année précédente.
Cependant, ces chiffres doivent être nuancés par les conditions inhabituelles de la session de recrutement 2026. Un double concours a été organisé pour éviter une année blanche, avec le nouveau concours à bac +3 et l’ancien à bac +5, qui doit disparaître d’ici 2028. Les syndicats soulignent que cette situation a mécaniquement entraîné un nombre plus élevé d’inscrits et de lauréats.
Une partie des 9 800 lauréats du concours à bac +3 ne se retrouvera pas devant les élèves, mais fera son entrée en master enseignement et éducation (M2E). Environ 84 % des lauréats du primaire et 87 % des lauréats du secondaire débuteront dans l’enseignement, mais certains seulement à mi-temps.
Enfin, le nombre de postes a été réduit en 2026, avec seulement 663 postes offerts pour le concours à bac +5 dans l’académie de Versailles, contre 960 en 2025. Cette première année d’application de la réforme nécessite une évaluation plus approfondie dans les années à venir.
Source : Franceinfo.

