Ils écrivent des centaines de livres et ne les signent jamais : on a rencontré de mystérieux « écrivains fantômes »
Les écrivains fantômes, ou prête-plumes, sont des figures discrètes du monde littéraire, souvent méconnues du grand public. Leur travail consiste à rédiger des ouvrages, des biographies ou des récits de vie pour d’autres, sans jamais voir leur nom figurer sur la couverture. Ce métier, bien qu’illustre, reste dans l’ombre, avec des statistiques inexistantes pour les recenser.
Ces écrivains, qui ont contribué à enrichir les rayons des librairies et des bibliothèques, se retrouvent au cœur de récits variés, allant des biographies de célébrités aux histoires de vie de particuliers. Historiquement, des grands noms tels qu’Alexandre Dumas ont également eu recours à ces collaborateurs invisibles.
Catherine Siguret, avec plus de soixante-dix ouvrages à son actif, souligne : « C’est un métier agréable, qui rend heureux, mais il ne faut pas avoir un ego surdimensionné et vouloir se mettre en avant. » Elle a notamment travaillé avec des personnalités comme Julien Courbet et Claudia Schiffer. Son travail demande une immersion totale dans la vie de ses clients, souvent rythmée par des échanges fréquents, parfois jusqu’à quinze messages par jour.
Guillaume Moingeon, quant à lui, a créé un métier aujourd’hui répandu : biographe familial. Depuis 1997, il s’efforce de rendre l’écriture accessible à tous, affirmant que « toute vie mérite un livre ». Ses biographies, souvent limitées à quelques exemplaires, sont précieuses pour les familles, favorisant des échanges intergénérationnels.
Claire Garand, également prête-plume, insiste sur l’importance de comprendre le vécu de ses clients pour structurer le récit. Elle évoque la nécessité de préparer minutieusement les personnages et les trames, un processus qui peut prendre jusqu’à une année de travail.
Au-delà des aspects techniques, ces écrivains entretiennent des relations privilégiées avec leurs clients. Catherine Siguret témoigne de l’impact émotionnel de son métier, soulignant qu’elle a appris des leçons de vie précieuses à travers ses rencontres.
Le domaine des écrivains fantômes, bien que peu visible, joue un rôle essentiel dans la transmission des histoires personnelles, souvent considérées comme des trésors familiaux.
Source : Ouest-France

