Lunettes IA de Meta : la vie privée au cœur des craintes
L’essor des lunettes connectées soulève d’importantes préoccupations en matière de vie privée. Liz Hunter, fondatrice d’une entreprise spécialisée dans la technologie, a déclaré à Euractiv : « C’est scandaleux qu’ils puissent filmer aussi facilement à votre insu ». Ce mois dernier, elle a lancé une campagne en ligne intitulée « StopSmartGlasses », appelant à l’interdiction de cette technologie au Royaume-Uni, affirmant que ces dispositifs portables sont susceptibles d’abus.
Le modèle le plus populaire est produit par Meta, en partenariat avec Ray-Ban, avec sept millions de paires vendues l’année dernière selon le rapport annuel d’EssilorLuxottica, la société mère du fabricant de lunettes de luxe. Ces lunettes permettent aux utilisateurs d’enregistrer des vidéos et de prendre des photos grâce à une caméra intégrée, tout en offrant d’autres fonctionnalités comme la lecture de musique et un assistant IA.
Le site de la campagne de Hunter recueille près de 8 000 signatures pour interdire ces lunettes et permet aux internautes de localiser les détaillants qui les vendent. Une campagne publicitaire clandestine a également vu le jour, collant de fausses affiches sur des arrêts de bus londoniens, montrant le dispositif de Meta associé à des figures controversées.
Ce climat de méfiance s’est intensifié au point de donner naissance à des termes péjoratifs comme « lunettes de pervers », utilisés par les détracteurs sur les réseaux sociaux. Des témoignages font état d’utilisateurs filmant des femmes à leur insu, et plusieurs victimes ont rapporté avoir découvert des vidéos d’elles-mêmes publiées sans consentement sur les réseaux sociaux.
À ce jour, les régulateurs européens n’ont pas encore pris de mes significatives face à cette technologie, bien que certaines autorités envisagent de le faire.
Une question de consentement
Les préoccupations en matière de vie privée se concentrent sur la question du consentement des personnes filmées. Les lunettes de Meta intègrent un voyant LED qui clignote lors de l’enregistrement, mais des signalements continuent d’affluer concernant des abus. La Commission irlandaise de protection des données a noté que Meta a doublé la taille de cette LED pour répondre à des préoccupations de confidentialité.
Face à la persistance des problèmes, Meta a récemment annoncé une mise à jour pour renforcer la fiabilité de ce voyant d’enregistrement. Toutefois, des critiques émergent concernant l’efficacité des mes de sécurité mises en place.
Des craintes plus profondes quant à une surveillance généralisée
Les inquiétudes ne se limitent pas à la taille d’un voyant LED. La CNIL, l’autorité française de protection des données, a averti que l’essor des lunettes connectées pourrait engendrer un risque de surveillance généralisée, créant un sentiment d’être constamment observé et entraînant une forme d’autocen.
Liz Hunter partage ces préoccupations, soulignant que la surveillance de masse va à l’encontre des valeurs occidentales. Elle a déclaré à Euractiv : « On ne peut pas faire confiance aux géants de la tech pour mettre des caméras sur le visage des gens dans les espaces publics, puis continuer à collecter davantage de données et à entraîner leurs modèles d’IA à partir de celles-ci ».
Source : Euractiv

