Publié en mai 2022, mis à jour en mars 2026
Sortir des énergies fossiles et fissiles, oui mais comment ? Construire une société plus sobre en énergie est possible à condition de réduire nos consommations (par la sobriété et l’efficacité énergétique) et de privilégier le recours aux énergies renouvelables, dont l’énergie solaire. En effet, en tant qu’énergie de flux, elle constitue un gisement immense et illimité dans le temps, disponible partout, permettant une plus grande souveraineté énergétique, la réduction des émissions de Gaz à effet de Serre (GES), la relocalisation de l’économie et des créations d’emplois.
France Nature Environnement décrypte les enjeux et les impacts du déploiement de cette énergie sur la nature, l’environnement et la transition énergétique des territoires.
Comment ça marche, un panneau photovoltaïque ?

Les enjeux du Photovoltaïque en France
L’énergie solaire est la plus répandue et la mieux répartie dans le monde. Son gisement est considérable : le rayonnement solaire qui parvient sur la Terre en un an représente plus de 10 000 fois la consommation mondiale d’énergie, toutes formes et usages confondus. La France dispose du 5e gisement européen. Cette énergie est utilisée pour produire de l’électricité (solaire photovoltaïque) et de la chaleur (solaire thermique).
La filière solaire photovoltaïque se développe en France depuis 2009. Fin 2025, 30,4 GW de photovoltaïque sont déjà installés en France continentale, ayant produit 32,9 TWh d’électricité, soit 7,5 % de la consommation nationale d’électricité.
Les travaux de scénarisation de la transition énergétique (ADEME, RTE, négaWatt) montrent que le photovoltaïque occupe une place centrale dans les futurs mix électriques. Par exemple, selon les scénarios de l’ADEME, la puissance installée du photovoltaïque en 2050 pourrait varier de 92 GW pour les scénarios les plus sobres à 144 GW pour les moins sobres, avec des installations au sol et en toiture. Le scénario négaWatt envisage 143 GW de photovoltaïque en 2050, dont 54 GW au sol et 90 GW en toitures et ombrières.
Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire d’installer au moins 3 à 4 GW par an sur le long terme.
Les objectifs de développement du photovoltaïque
L’objectif de neutralité carbone nécessite une électrification des usages fossiles, entraînant une hausse de la consommation d’électricité en remplacement des énergies fossiles (pour les véhicules électriques, pompes à chaleur, etc.).
La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), publiée le 12 février 2026, fixe pour le photovoltaïque un objectif de puissance de 55 à 80 GW à installer d’ici 2035, dont 24 à 35 GW pour des projets au sol. Ces objectifs doivent être déclinés par les collectivités.
Un nouveau cadre juridique – en bref
Photovoltaïque et espaces naturels, agricoles et forestiers – des clarifications apportées par la loi APER
Le nouveau cadre législatif et réglementaire distingue :
- Les projets agrivoltaïques qui doivent apporter un service direct à l’activité agricole et garantir le maintien d’une activité agricole principale.
- Les projets photovoltaïques compatibles avec une activité agricole, pastorale ou forestière, autorisés uniquement sur des terrains identifiés dans un document-cadre départemental.
- L’implantation de serres, de hangars et d’ombrières à usage agricole supportant des panneaux photovoltaïques, réglementée par l’article L. 111-28 du code de l’urbanisme.
Ainsi, dans les espaces à vocation naturelle, agricole, pastorale ou forestière, aucun projet photovoltaïque au sol ne peut se développer en dehors des surfaces identifiées dans le document-cadre départemental.
Des obligations de solarisation des parkings et de certains bâtiments ont également été mises en place.
Source : France Nature Environnement.
