Rungis : pertes agricoles de 100% sur certaines variétés en raison de la canicule estivale.

: Reportage

Reportage : « Sur certaines variétés, on est à 100% de perte » : au marché de Rungis, les effets de l’été caniculaire se font sentir

Les fortes chaleurs et la sécheresse de cet été ont fortement perturbé les récoltes, avec des fruits et légumes plus petits et certaines productions en nette baisse. À Rungis, producteurs, grossistes et primeurs s’adaptent entre hausse des prix, recours aux importations et craintes pour les récoltes à venir.

Au marché de Rungis, 3 000 tonnes de fruits et légumes transitent chaque jour. Le secteur a été durement touché par les canicules et la sécheresse de cet été. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, doit dévoiler le montant du plan d’aides aux agriculteurs. En attendant, les acteurs du marché s’adaptent.

Benjamin Simonot de Vos, producteur, souligne que les températures extrêmes ont eu un impact significatif sur sa production. « Pour les tomates, on aura des fruits plus petits. D’habitude, une tomate grappe, c’est cinq fruits. En ce moment, on trouve plus de tomates grappe de trois ou quatre fruits. » Il précise que, malgré son système d’irrigation, il a perdu de grosses quantités. « Sur certaines variétés, on est à 100% de perte. En moyenne, on est entre 40 et 50% de perte. »

Nico, un primeur des Yvelines, constate également un manque de choix. « Il y a un peu moins de variété dans tous les domaines, les carottes, etc. Il ne faut pas pleurer et faire avec. » Il note une hausse de 10% sur « tout ce qui est vert, épinards et salade ». Benjamin, quant à lui, a choisi de ne pas augmenter ses prix pour fidéliser sa clientèle.

Les grossistes, comme Tony, font face à une hausse des prix. « C’est la première année que je vends aussi cher la tomate », admet-il. Il a dû se tourner vers des importations, notamment de Turquie et de Pologne, pour compenser les pertes de production en France.

Audrey, qui tient deux boutiques à Paris, indique qu’il est impossible de proposer uniquement des produits français en ce moment. « Si on veut faire que du produit français. on va installer la moitié de la boutique. »

Jérôme Desmettre, un des grossistes les plus importants, relativise les tensions d’approvisionnement. « On trouve encore de tout à Rungis. Effectivement, les fruits sont un peu plus petits et les prix ont très légèrement augmenté. »

À Rungis, la crainte d’une répercussion des températures extrêmes sur les récoltes d’hiver se fait sentir. Philippe Seuru, un maraîcher, anticipe une pénurie de certaines variétés. « Il ne va pas y avoir de choix à table. » Pour soutenir la filière, la ministre de l’Agriculture doit annoncer des aides pour passer l’hiver.

Source : Franceinfo

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