Héritages et droits de succession : que proposent les candidats à l’élection présidentielle ?
À l’approche de l’examen budgétaire, la question de la taxation des droits de succession devient un enjeu central de la campagne présidentielle. Alors que la France s’apprête à entrer dans une période de « grande transmission » de richesses, plusieurs candidats plaident pour une augmentation de la fiscalité sur les héritages, tandis que d’autres s’y opposent. Ce débat met en lumière les divergences entre la gauche et la droite.
La « grande transmission de richesse » évoquée concerne le transfert aux générations suivantes de la fortune accumulée par les « baby-boomers ». Selon un rapport publié par le sénateur socialiste Alexandre Ouizille et deux hauts fonctionnaires pour la Fondation Jean-Jaurès, environ 9.000 milliards d’euros de patrimoine seront transmis au cours des quinze prochaines années. Le « flux successoral », soit le montant de patrimoine transmis annuellement, est actuellement estimé à 400 milliards d’euros, avec une projection atteignant 677 milliards d’euros d’ici 2040. En 2023, la fiscalité sur les héritages a permis à l’État de percevoir environ 16,6 milliards d’euros de recettes fiscales, d’après la Cour des comptes.
Propositions des candidats
Plusieurs candidats de gauche, dont La France insoumise, militent pour une taxation accrue des héritages. La députée Mathilde Panot a proposé de « prendre tout » au-dessus de 12 millions d’euros d’héritage, arguant que « la plupart des riches n’ont pas mérité d’être milliardaires ». Raphaël Glucksmann, de Place publique, souhaite taxer les « méga-héritages » des 1% les plus riches, estimant que cela pourrait rapporter 15 milliards d’euros.
Les Écologistes ont également présenté un projet de réforme, proposant une contribution de 10% sur les héritages supérieurs à 4 millions d’euros, et 10% supplémentaires au-delà de 13 millions d’euros. Ils envisagent également de réduire certaines niches fiscales, comme le pacte Dutreil, et de supprimer les avantages liés au démembrement de propriété.
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a plaidé pour une taxation « dès le premier euro », soulignant la nécessité d’une me de « justice sociale ».
Opposition de la droite
En revanche, les candidats de la droite s’opposent fermement à toute augmentation des droits de succession. Bruno Retailleau, des Républicains, a affirmé qu’il ne serait pas le président qui augmentera ces droits, mais plutôt celui qui les baissera. Il considère que taxer un patrimoine déjà soumis à de multiples impositions est injuste.
Édouard Philippe, candidat d’Horizons, a exprimé son désaccord avec les propositions de gauche, plaidant pour une facilitation de la transmission du patrimoine afin d’aider la jeunesse. Gabriel Attal, de Renaissance, a également soutenu l’idée de réduire la taxation pour permettre aux jeunes d’accéder plus facilement à la propriété.
Le Rassemblement national propose de supprimer totalement les impôts sur les héritages directs pour les familles modestes et de la classe moyenne, tout en préconisant des abattements pour les donations.
Conclusion
La question de la taxation des héritages est au cœur des débats politiques en France, avec des visions opposées sur la manière de gérer cette « grande transmission » de richesses. Les propositions des candidats reflètent des approches divergentes sur la fiscalité et la justice sociale.
(Source : LCP)

