Une nouvelle définition mondiale de l’infarctus du myocarde
Chaque année, environ 80 000 personnes sont touchées par un infarctus du myocarde, une affection résultant de l’obstruction d’une artère coronaire, privant ainsi le cœur d’oxygène. Selon la Fondation pour la Recherche Médicale, « dans 10 % des cas, le patient meurt dans l’heure qui suit l’infarctus, et dans 15 % des cas, le décès survient dans l’année. Globalement, la pathologie se trouve à l’origine d’environ 12 000 décès par an ».
Pour la première fois, une définition universelle de l’infarctus du myocarde a été élaborée et publiée par quatre grandes sociétés de cardiologie : la Société européenne de cardiologie (ESC), l’American College of Cardiology (ACC), l’American Heart Association (AHA) et la Fédération mondiale du cœur (WHF). Cette nouvelle définition a été présentée lors du congrès de l’ESC 2026, le 30 août dernier.
Le professeur Nicholas Mills, président de l’ESC et professeur à l’Université d’Édimbourg, a expliqué que « bien qu’on puisse penser qu’un infarctus du myocarde est une crise cardiaque causée par une artère coronaire obstruée, il existe de nombreuses causes différentes d’infarctus du myocarde ». La définition précédente, qui utilisait un système numérique pour catégoriser les différents types d’infarctus, présentait des difficultés d’application en pratique clinique, entraînant des incohérences dans le diagnostic et le traitement. Cela a motivé les sociétés à collaborer à l’élaboration d’un système de classification mis à jour et simplifié.
Le nouveau système reconnaît que l’infarctus du myocarde survient dans trois contextes cliniques : l’infarctus primaire, l’infarctus secondaire et l’infarctus lié à une intervention. L’infarctus primaire se produit spontanément à la suite d’un problème aigu au niveau d’une artère coronaire, souvent causé par la rupture d’une plaque d’athérosclérose. L’infarctus secondaire résulte d’un déséquilibre entre l’apport et la demande en oxygène du cœur, causé par des conditions telles que l’hypertension ou l’hypotension. Enfin, l’infarctus post-interventionnel survient dans les 30 jours suivant une intervention cardiaque.
La professeure Kristin Newby, présidente de l’ACC/AHA, a souligné que cette nouvelle approche permettra aux médecins de discuter avec les patients des causes de leur infarctus, améliorant ainsi leur compréhension de l’état et des traitements nécessaires. Les responsables du groupe de travail ont conclu que « en simplifiant la classification, nous espérons rendre le diagnostic d’infarctus du myocarde plus significatif et plus cohérent, afin de mieux orienter le traitement et d’accroître les possibilités de suivi et de recherche ».
Source : Fondation pour la Recherche Médicale.

