Référendum constitutionnel en Guinée-Bissau : le « oui » l’emporte largement
Les Bissau-Guinéens ont largement approuvé le projet de nouvelle Constitution, visant à remplacer l’actuel système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort. Selon les résultats provisoires annoncés par la Commission nationale électorale, le « oui » a recueilli 70 % des suffrages lors du référendum organisé le 30 août.
Cette consultation représente une étape cruciale pour la Guinée-Bissau, actuellement dirigée par une junte depuis le 26 novembre 2025, suite au renversement du président Umaro Sissoco Embalo et à la suspension du processus électoral. Les militaires au pouvoir prévoient d’organiser le retour au pouvoir des civils début décembre.
Les résultats définitifs seront publiés dans les jours à venir par la Cour suprême, qui n’a pas encore été saisie d’aucun recours. Carmen Izaura Lobo, présidente de la Commission nationale électorale, a déclaré lors d’un point de presse que le référendum est un « succès », soulignant le « professionnalisme » des agents dans les bureaux de vote et la « transparence » du processus, bien que certains observateurs aient noté une faible participation.
Le scrutin précède les élections générales programmées pour le 6 décembre, dans un climat politique tendu. L’opposition, notamment le PAIGC, a appelé au boycott du référendum, dénonçant son organisation dans un contexte de restriction des libertés publiques.
Le projet de nouvelle Constitution vise à renforcer les pouvoirs du président, lui permettant de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement. Une partie de la classe politique et de la société civile s’oppose à cette réforme, affirmant qu’elle pourrait concentrer le pouvoir entre les mains d’un seul individu, ce qui serait dangereux pour la démocratie.
Les autorités de transition affirment que cette réforme est nécessaire pour stabiliser les institutions avant les élections présidentielles, en évitant les conflits qui ont par le passé miné la stabilité du pays.
Source : RFI

