Plafonnement des arrêts maladie : ces autres pays européens qui serrent la vis
À partir du 1er septembre, en France, les médecins ne pourront, sauf dérogation médicalement justifiée, prescrire un arrêt maladie de plus de 31 jours pour une première demande, et 62 jours pour une prolongation. Cette me vise à limiter les abus potentiels et à réduire le coût des arrêts maladie, qui a atteint 17,9 milliards d’euros en 2025. Le débat sur cette question, souvent controversé, est relancé et semble s’inscrire dans une tendance observée chez plusieurs pays européens.
Le cas allemand
Au début de l’été, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a abordé la question des arrêts maladie, justifiant la nécessité de réformes par un absentéisme jugé trop élevé dans le pays. Une première me adoptée en juillet 2026, et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2028, introduira la possibilité d’un arrêt de travail partiel, permettant aux salariés de travailler à hauteur de 25, 50 ou 75 % de leur temps habituel. Cette initiative devrait générer une économie de 73 millions d’euros pour le budget annuel de 2027.
Une autre réforme mettra fin au système d’auto-déclaration des arrêts maladie pour les absences de trois jours. Désormais, un certificat médical sera requis dès le premier jour d’absence. L’Allemagne s’aligne ainsi sur des pratiques déjà en place en Hongrie et en Pologne, où un certificat médical est obligatoire dès le premier jour d’absence.
Addition salée
Les indemnités perçues par les salariés ne devraient pas changer : pour six semaines d’absence, ils continueront de recevoir l’intégralité de leur salaire de la part de leur employeur. En 2024, cette me a coûté 82 milliards d’euros aux entreprises, un chiffre qui a plus que doublé depuis 2010. Au-delà de six semaines d’absence, les caisses d’assurance maladie prennent le relais, avec une facture qui est passée de 8,5 milliards d’euros en 2014 à 16,5 milliards en 2024.
Bons et mauvais élèves
Selon l’OCDE, la Grèce est le pays le plus performant en matière d’arrêts maladie, suivie par l’Italie, avec seulement 0,6 semaine d’absence annuelle par salarié. Les lois italiennes imposent la transmission d’un arrêt maladie sous 48 heures, avec une indemnisation de 50 % du revenu jusqu’à la fin du premier mois, puis 67 % pour les mois suivants.
À l’opposé, l’Espagne a vu ses absences annuelles justifiées par maladie passer à 5 semaines, contre 2,5 en 2015. Ce constat a provoqué des réactions vives de la part de responsables politiques et d’organisations patronales, qui appellent à une révision des politiques d’absentéisme.
Éviter l’engorgement des instances médicales
En Allemagne, des inquiétudes émergent concernant les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous médical. Cette situation a conduit le Royaume-Uni à maintenir un délai de sept jours avant l’attestation d’une maladie, pour limiter la propagation des virus. Les indemnités au Royaume-Uni s’élèvent à 123 livres (environ 144 euros) par semaine, avec la possibilité pour les employeurs de compléter ce montant.
En Suède, la situation est plus favorable, les salariés touchant 80 % de leur salaire durant 14 jours sans obligation de certificat médical, après quoi un dossier doit être soumis à l’agence d’assurance sociale Försäkringskassan.
Source : L’Express

