Justice des mineurs : ouverture de 85 unités judiciaires à priorité éducative
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé l’ouverture de 85 unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) à partir du 1er septembre, marquant ainsi la mise en œuvre d’une réforme significative du placement pénal des mineurs. Cette transformation résulte de la refonte du modèle existant, qui remplace progressivement les centres éducatifs fermés (CEF) et les unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC).
Cette réforme, annoncée le 26 novembre 2025, vise à individualiser les décisions de placement en centrant l’accompagnement éducatif, l’insertion et la prévention de la récidive comme éléments clés du dispositif. Après près de vingt ans de coexistence entre CEF et UEHC, il a été constaté que ces modèles ne répondaient plus adéquatement aux besoins des jeunes. Des rapports avaient également remis en question l’efficacité des CEF dans la prévention de la récidive, notamment en raison de leur coût.
Le décret du 12 mars 2026 a introduit les UJPE dans le code de la justice pénale des mineurs, et la circulaire de politique pénale et éducative du 11 février 2026 a établi le calendrier et les modalités de transition. À terme, 123 unités devraient être déployées d’ici 2028, avec 19 CEF et 66 UEHC du secteur public transformés pour créer ces nouvelles structures.
Les UJPE, réparties sur l’ensemble du territoire, offriront un accompagnement éducatif intensif et individualisé, avec un emploi du temps hebdomadaire adapté aux besoins de chaque jeune. Chaque unité disposera d’un professeur technique à temps plein, d’un infirmier pour repérer les troubles de santé, ainsi que d’un encadrement sécurisé en partenariat avec les forces de sécurité intérieure.
Les capacités d’accueil des UJPE varieront de 8 à 12 places d’hébergement collectif, tout en offrant des solutions d’hébergement individuel. Cette flexibilité permettra d’adapter la prise en charge aux situations spécifiques de chaque jeune.
Avec cette réforme, le ministère de la Justice souhaite passer d’une logique de structure à une logique de parcours, en offrant un cadre ferme tout en favorisant la réinsertion des jeunes et en prévenant la récidive.
Source : Ministère de la Justice.

