« C’est la catastrophe, on a 90 % de pertes » : ces agriculteurs qui tentent d’éponger un été « dramatique »
À Bousies (Nord), le Verger des Éoliennes ne générera presque aucune recette cette année. Les aléas climatiques de l’été ont causé des pertes catastrophiques pour les producteurs. Derniers recours : une cagnotte lancée en ligne et la perspective d’une aide récemment proposée par le gouvernement aux agriculteurs touchés par la sécheresse.
Cinq hectares de verger, huit variétés de poires, des pommes, des prunes, des cerises. Pourtant, la quasi-totalité de cette exploitation ne produira rien cette année. Les branches sont cassées, les fruits noircis et séchés, devenus complètement invendables pour Laurine Burlion, la propriétaire. « Ça, c’est une preuve de la tempête à 140 km/h qu’on a eue fin juin », déclare-t-elle. Les arbres, déjà affaiblis par une grêle intense le 18 juin, ont subi les ravages d’une tempête au début de l’été. « Elle a fait tomber les jeunes pousses avec les fruits encore dessus, bien loin de la maturité à laquelle on pourrait les cueillir », précise l’arboricultrice. « Tous les aléas qui pouvaient être cumulables, on les a eus cette année. »
Le début de l’année a été marqué par des chaleurs excessives, perturbant la pollinisation des abeilles et réduisant ainsi le nombre de fruits. « Ensuite, on a eu une période où ça allait un peu mieux : j’ai pu avoir un peu de cerises, mais la grêle a coupé la récolte et impacté les prunes », explique-t-elle. Les quelques fruits nés fin août sont sortis difformes, et la sécheresse a fini par tuer les derniers arbres du verger.
Laurine ne pourra jamais oublier cette année 2026, qui devait être celle de la prospérité. L’année précédente avait été prolifique, permettant à elle et à son conjoint, Jérémy, de renflouer les caisses et d’envisager de nouveaux projets, notamment pour améliorer la situation de Jérémy, qui souffre de handicaps suite à un accident de la route. « On voulait investir dans du matériel adapté à ses handicaps pour qu’il continue de travailler, sans abîmer sa santé », déclare-t-elle, amère.
Les pertes sont actuellement estimées à 90 %. L’argent qui devait être investi dans le bien-être de son conjoint devra désormais compenser ces pertes, et Laurine redoute déjà la saison prochaine. Si la récolte est aussi abondante que l’an passé, l’absence de matériel adapté ne permettra pas à Jérémy, qui travaille à temps partiel, de l’aider davantage au verger.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a récemment annoncé un plan d’aides aux agriculteurs. Cependant, les producteurs restent prudents. Francis Burlion, le père de Laurine, exprime ses doutes : « Vu les dégâts, il va en falloir des aides, surtout pour les jeunes repreneurs. J’espère qu’ils tiendront leurs promesses. »
En attendant, Laurine a lancé une cagnotte en ligne, soutenue par ses clients fidèles, représentant un dernier recours pour sauver l’entreprise familiale, vieille de 50 ans.
Source : France3 Régions

