Retour au goudron : un dernier geste du collectif Infernus Iohannes
Cette rentrée littéraire est marquée par la publication simultanée de onze ouvrages sous le titre Retour au goudron, émanant du collectif Infernus Iohannes. Accueilli dans la rubrique « Fiction » en 2020, ce projet se distingue par sa « performance » littéraire et éditoriale, réunissant onze maisons d’édition. Antoine Volodine, porte-parole du collectif, avait annoncé son retrait avec Vivre dans le feu, prévu pour 2024, laissant derrière lui un vaste territoire littéraire à explorer.
Le ton est donné par la question : « Donc ce serait la fin ? » Volodine évoque cette fin comme étant définitive, mais soulève également des interrogations sur la nature de cette cessation. Il souligne que même en se déclarant silencieux, un livre continue de parler tant qu’il existe, que ce soit physiquement ou dans l’esprit des lecteurs.
Le dernier ouvrage du collectif se termine par la phrase « Je me tais », prononcée par un personnage qui est aussi auteur. Ce personnage, Infernus Iohannes, est présent depuis la première publication de Volodine en 1985 et a récemment fait parler de lui avec Débrouille-toi avec ton violeur, paru en 2022. Ce dernier geste de l’aventure post-exotique semble ainsi marquer une transition, où les mots finaux sont laissés à un personnage fictif qui incarne une continuité au sein de l’œuvre.
Ce projet collectif témoigne d’une dynamique littéraire riche et complexe, où chaque publication contribue à un ensemble plus vaste, tout en laissant ouverte la question de la fin et de la continuité de la parole littéraire.
(Source : Lionel Ruffel, AOC Media)

