Venezuela : un accord pétrolier opaque soulève des doutes sur ses bénéfices économiques.

Pétrole : pour le Venezuela, un accord opaque aux bénéfices incertains

Pétrole : pour le Venezuela, un accord opaque aux bénéfices incertains

Y a-t-il dans l’accord énergétique une vision d’avenir pour le Venezuela ? La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, qualifie cet accord conclu avec le gouvernement des États-Unis de « historique », affirmant qu’il fera du pays un endroit « prospère et heureux » dans un avenir proche. Elle souligne qu’il est illogique de laisser sous terre 300 milliards de barils de pétrole inexploités. Toutefois, elle omet de mentionner qu’il existait autrefois des projets et des experts capables d’augmenter la production pétrolière, aujourd’hui réduite à néant par des années de gestion défaillante.

Depuis deux mois, les conséquences d’un double séisme s’ajoutent à la complexité de ce « grand accord énergétique », qui se caractérise par une opacité accrue, tant du côté de la présidence intérimaire que du gouvernement américain, qui exerce une tutelle sur le Venezuela depuis le 3 janvier. Cet accord concerne près d’un quart des réserves pétrolières du pays, dont Washington aurait désormais le « contrôle majoritaire », une situation qualifiée de « cadeau » par Donald Trump.

La nécessité d’investissements massifs, de technologies avancées et d’expertise est indiscutable pour relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne, qui pourrait redevenir un moteur de développement après des décennies de gestion problématique. Bien que l’idée de renforcer les liens commerciaux avec les États-Unis soit généralement bien accueillie, il est crucial que ces relations soient plus bénéfiques pour le Venezuela que par le passé.

Le retard de la transition démocratique

Le 29 août, Donald Trump a annoncé que les États-Unis prendraient un « contrôle majoritaire » sur 17 gisements pétroliers, représentant plus de 65 milliards de barils de pétrole brut, soit 22 % des réserves prouvées du pays, en échange d’un investissement de « plus de 100 milliards de dollars » (environ 86 milliards d’euros). Il a décrit cet accord comme le « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », précisant que le pétrole vénézuélien serait utilisé pour reconstituer les réserves stratégiques des États-Unis et faire baisser les prix des carburants. En réponse, Delcy Rodríguez a défendu l’accord, avançant des recettes fiscales attendues de 209 milliards de dollars (180 milliards d’euros) grâce à l’apport de « capitaux et technologies américains ».

Cependant, la nécessité de transparence et de discussion autour de l’accord est essentielle. Ramón Escovar León, chroniqueur, a souligné que cet accord d’une telle ampleur ne peut être décidé sans la participation du peuple vénézuélien. Il est impératif que les termes de cet accord soient discutés et que sa constitutionnalité fasse l’objet d’un débat national.

Depuis le 3 janvier et surtout après la crise institutionnelle du 24 juin, la tutelle américaine s’est intensifiée, se traduisant par des avancées rapides sur le plan économique mais des progrès lents en matière de restauration de la démocratie. Les prisonniers politiques n’ont pas tous été libérés, et la liberté d’expression demeure gravement entravée, entraînant un retard préoccupant dans la transition démocratique.

Un régime intérimaire sans légitimité peut-il réellement offrir un avenir « prospère et heureux » ? Le Venezuela doit impérativement renouer avec ses institutions démocratiques pour garantir un avenir économique et social viable, tout en respectant les libertés fondamentales.

Source : Courrier International

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